L’agenda ? En papier, nom d’un plumier !

agendas moleskineChers lecteurs,

Aujourd’hui, c’est ma 100ème publication sur ce blog et c’est le 1er janvier. Je tenais donc en préambule à vous remercier pour votre fidélité et à vous souhaiter surtout une excellente année 2013 : un grand cru qui vous apporte amour et fantaisie, succès et lucidité… et tout ce que vous voudrez bien y ajouter. Aujourd’hui, je ne vous parlerai pas cartes de voeux, bonnes résolutions ou prédictions astrologiques. Non… Récemment, on m’a demandé pourquoi j’avais encore un agenda en papier, fabriqué donc à partir de bois d’arbre… alors que les agendas digitaux des smartphones sont tellement pratiques sans leurs ratures. L’inauguration de cette année 2013, volée au nez et à la barbe des Mayas, me donne l’occasion de donner toutes mes raisons, sans la présence de mon avocat. Ceux qui me connaissent savent que la thématique du temps me démange constamment, alors il ne s’agirait pas de prendre les choses à la légère.

D’abord, l’agenda-cahier est un objet sensuel dont le papier doux effeuille les jours. L’agenda Moleskine que j’ai adopté est par exemple d’un toucher particulier. Couverture souple, pages ivoire au glissé parfait, élastique futé à la gestuelle de fermeture si emblématique. Il y a là un garde-temps qui ajoute de la poésie aux semaines qui passent et aux jours qui se tournent. Oui l’agenda est un objet plus sensuel qu’une application « Calendar » et ce n’est pas anodin de résister ainsi à la dématérialisation.

Parlons-en de la dématérialisation. Avec l’agenda justement, une année devient une chose concrète que l’on peut toucher, que l’on peut envisager avec gourmandise le 1er janvier et considérer avec mélancolie le 31 décembre. Regardez ci-dessous : c’est l’année 2012, au signet effiloché, aux pages gribouillées, à la tranche élimée et à l’élastique distendu… bref, l’écume des jours.

agenda moleskine 2012

Ci-dessous, l’année 2013, flambant neuve, vierge totalement, restant à écrire tout simplement, mon cher Tristan.agenda moleskine 2013

Chosifier le temps, c’est donc aussi le rôle de l’agenda : imaginez bien que votre vie pourrait ressembler à une pile d’environ 80 agendas (moyenne bâtarde fondée sur une espérance de vie française, hybridée entre homme et femme, ne tenant pas compte de votre incapacité à regarder quand vous traversez et de votre consommation de chips impossible à refreiner). J’ai calculé : avec ce petit modèle, cela pourrait faire un parallélépipède de 16 cm de haut sur une base de 50 x 28 cm. Une bagatelle à l’échelle de la cosmogonie : même pas besoin d’une remorque. Alors quand on voit ce bel agenda tout neuf, on a envie de se dire « Qu’est-ce que je vais faire de cette précieuse année ? ». Quand on pianote sur le calendrier de son smartphone, on ne voit pas la différence avec le bout de temps précédent : on vit dans le flux, ma chère Lulu.
Enfin, dernière chose qui me retient dans l’univers du papier : le fait de tout loger dans le même appareil m’angoisse quelque peu. J’entends Grand-Maman me redire «  Mais non, c’est bien connu, il ne faut jamais mettre ses œufs dans le même panier ! ». J’aurais envie d’ajouter :  « …et ses yeux dans le même appareil, aussi précieux soit-il. » Si je perds le Précieux numérique ou s’il y a une tempête magnétique, j’ai peut-être au moins une chance de sauver l’agenda, ma p’tite Clara.

Voici donc les trois raisons qui font pencher mon cœur pour le papier. Mais je peux imaginer qu’on soit secrètement angoissé par le temps qui passe au point de préférer un agenda électronique, dans lequel les jours ne s’effeuillent pas, où les semaines s’enchaînent sans se tourner et qui ne vous oblige pas, dès le 1er janvier, à jeter concrètement l’année qui vient de s’écouler dans la corbeille… à papier.

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12 réflexions sur “L’agenda ? En papier, nom d’un plumier !

  1. guiphone dit :

    Alors Happy Birthday Hemmapil,
    ou plutôt
    Merci pour mes petites cellules grises,
    Merci de me faire rire et sourire,
    Merci pour ces petits bonheurs d’écriture,
    à commencer par l’histoire de l’agenda 😉 …. Belle année 2013

  2. Erick dit :

    100 publications, déjà ? Allez, champagne !
    Et pas dématérialisé, j’espère… 😉

  3. Framboise dit :

    Bon anniversaire pour commencer la nouvelle année, pas mal !!

    Eh bien je garde mes agendas depuis 18 aaans (oui ok je suis un peu vieille) et il m’arrive de les feuilleter; je trouve que c’est précieux comme les notes qui s’égrennent au fil des pages et, en voyant mon écriture, je me remémore mon état d’esprit à ce moment-là…

    Gros bécots Emma

    • Merci Framboise pour ce témoignage qui renforce ce que je voulais exprimer : le côté « traces de vie » irremplaçable de l’agenda-papier. Je n’ai aussi bien thésaurisé mes agendas et en te lisant, je m’en veux un peu ! Mille bizzz

  4. Le ton est donc donné en ce début 2013 : merci pour cet excellent post de résistant et bon anniversaire au passage. J’aime bien le début de la description, très « intérieur cuir ». Complètement en phase sinon : mes agendas sont autant de diaries ou de carnets de route. Je les conserve tous ! Avec leurs petits crobards, les flyers conservés, les billets de concerts, quelques photos des enfants, les commentaires sur tel ou tel jour… Vive le papier, sa poésie, sa sensualité, son accessibilité ! Pour resté connecté au temps qui passe, l’agenda papier, il a tout juste Auguste !

    • Merci beaucoup… donc le carnet de route/agenda a encore des émules et j’en suis ravie. Ce n’est pas parce qu’on est cyberconnecté qu’on est obligé de délaisser les vrais avantages du papier… !

  5. Cedric dit :

    Merci de m’avoir rappeler ce plaisir simple de tenir et de feuilleter un agenda « papier ». Je viens d’inaugurer le mien… Présage d’une année riche et intense ? 🙂

    • Vous êtes nombreux à avouer finalement votre attachement à cet objet symbolique, même parmi les « connectés ». Il y a du sens profond là-dedans. Je te souhaite bien sûr une année aussi intense que cette redécouverte !

  6. Clod dit :

    Bon allez, je lance une piste pour une quatrième raison possible : vaut-il mieux abattre un arbre pour faire 1000 agendas papier ou pourrir toute une région d’Afrique avec nos rebuts d’appareils électroniques obsolètes au bout d’un an ? Ma chère Hemmapil, je vous souhaite à présent une belle année, pleine encore de réflexions intelligentes et de sagesse.

    • Merci beaucoup pour cet argument supplémentaire qui reboote le moteur de notre réflexion… Malheureusement, le fait d’avoir un agenda papier ne m’a pas encore dispenser de mobile, donc j’ai honte !

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