Touche pas à mon soda !

orangina restez vivantsOn a connu des luttes plus nobles, mais on a celles qu’on mérite. Le mois dernier, un juge new-yorkais a décidé que la ville ne pouvait pas interdire les sodas géants, comme elle s’apprêtait à le faire pour lutter contre l’obésité. L’interdiction votée par le département de la santé de la mairie de New York devait viser le service de tous les sodas et boissons sucrées de plus de 47 centilitres (en dehors des  supermarchés et supérettes). Au nom de quoi le juge a-t-il interdit l’interdiction ? Au nom de la soif de liberté bien sûr… dans un pays qui aime bien la mettre à toutes les sauces.  Polémique intense dans une ville où on attribuerait 6 000 morts par an à l’obésité… et début de café-philo dans ma petite tête. Qu’est-ce que c’est au juste la liberté ? A cette question, on répond sans plus y réfléchir : « faire ce que je veux, sans contrainte ». C’est là que nos ennuis commencent, pris comme des garnements dans le pot à confiture de la contradiction…Car si c’est la bonne définition, il ne faut surtout pas empêcher Adrien-Charles, 2 ans et 4 mois de mettre librement ses doigts dans la prise… au nom de sa liberté de choix et de mouvement. Je vous entends répliquer aussitôt : « Oui, mais ce petit ne sait pas ce qu’il fait… ». C’est bien pour cette raison, que pour être vraiment libre, il faut maîtriser parfaitement les motifs et les conséquences de ses actes. Dans ce cas seulement, j’ai le choix. Le choix en toute connaissance de cause, c’est un peu l’orgasme de la liberté. Est-ce que je suis plus libre en buvant et mangeant tout ce que je veux au péril de ma santé ou en avalant un médicament infect qui va me guérir ? Dans ma première gamelle, le téléguidage de la passion (dont on oublie la racine « passif »). Dans la gélule, l’autodétermination rationnelle. Ce qui est très fort donc, c’est que mon sentiment de liberté peut me paraître encore plus grand si je m’impose une contrainte pour atteindre un but supérieur et un bénéfice le plus souvent différé. Etre libre, cela commencerait en fait par ne pas être déterminé à l’insu de son plein gré. A New York par exemple, les sodas géants coûteraient souvent moins cher que l’eau… C’est quand même bien étrange.  Par ailleurs, on a souvent coutume de dire que « ma liberté s’arrête où commence celle des autres ». Est-ce que ma liberté de venir grossir les rangs des malades du diabète n’empiète pas un peu sur le bilan de la sécurité sociale de tout le monde… tout en faisant grossir au passage le chiffre d’affaires de l’industrie pharmaceutique ?

33 centilitres une fois par semaine ou 75 cl deux fois par jour…. Je ne suis pas certaine que les new-yorkais soient  plus libres dans le deuxième cas que dans le premier.  Quand Coca-Cola lance une campagne pour nous inciter à « agir ensemble » contre l’obésité, la marque nous rappelle que si on ne consomme pas plus de calories qu’on en dépense… on ne grossit pas (sans blague ?). La marque de glucides Ferrero subventionne le Palais des Sports de Rouen en lui donnant le nom Kindarena… Dans les deux cas, les calories qu’on vous aura incité à brûler en valorisant l’activité physique, vous les aurez consommés : c’est le but de la manœuvre.  Alors, pour rester vivants, je vous propose de continuer à nous poser sans relâche de bonnes questions… au lieu de boire à la paille certains discours. Il parait que l’activité cérébrale est aussi une grosse consommatrice de glucides.

Les liens qui pétillent : 

>le résumé de l’info sur l’interdiction de l’interdiction : ici

>l’accueil mitigé de la stratégie de Coca-Cola  « Agissons ensemble » :

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9 réflexions sur “Touche pas à mon soda !

  1. Erick dit :

    Non, Hemmapil, tu n’arriveras pas à me dégoûter du Mac Do. Viva el hamburger…

  2. Guiphone dit :

    Tellement vrai Hemma … je prends note !… 😉

  3. flipperine dit :

    libre à chacun de boire de manger ce qu’il veut quand il est en âge de raisonner c’est sa santé qui est en jeu pas la nôtre

  4. Ah, la liberté, fil rouge de mon propre blog… Cette liberté de penser que vous évoquez est la chose la plus sacrée à mes yeux ! Pour rester vivant effectivement, et répondre par l’affirmative à la question de Diesel qui carbure aux improbables sensations fortes pour téléphages à pop-corn : are you alive ? Perso oui, donc, mais avec d’autres nourritures que les scenarii de fabricants de jean…

    • Tous ces concepts du prêt-à-penser (liberté, égalité, transparence, solidarité, performance…) peuvent nous manipuler avec aisance si nous n’y prenons pas garde… Toujours essayer de regarder la forêt qui se cache derrière l’arbre ! « Are you alive ? » Une question pas si étrange que cela à l’heure ou les hubots et les zombies ne cessent de fasciner…

      • En fait, l’insight de base est imparable, tout à fat d’accord avec vous. C’est la réponse créative qui me pose problème. Quelques mannequins débarquent dans un bar où la jeune serveuse-mannequin fait son job en noir et blanc. Après une bonne soirée à danser sur les tables, elle pourra quitter ce job dans une Mercedes décapotable. Mmouais… Et sinon, dans la vraie vie, qu’est-ce qu’on fait pour staying alive ? Parce-que oui, on crève tous de ça…

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