Notre vie est un grand louping.

ne rien louperIl se passe toujours quelque chose dans le centre-ville, mais aussi aux confins du Rajasthan, sur votre page Facebook, sur les 148 chaînes de télé du salon, sur la toile mondiale, etc.  45 billions d’opportunités d’épanouissement cérébral et sensoriel toutes les minutes… et toujours 24 pauvres heures dans une  journée. Avec tous nos outils connectés, s’il y a bien quelque chose qui s’est immiscé dans nos vies, c’est le vertige de la profusion permanente. Tant d’articles à lire, de vidéos à voir, de livres à dévorer et d’humains numériques à rencontrer… ça fiche tellement le tournis qu’on reste sur sa faim. Avez-vous senti  le renforcement de cette sensation de tout le temps louper quelque chose ? Personnellement, je vois bien où est le problème, mais je n’ai pas trouvé la clé pour le résoudre. Mes semaines n’ont pas réussi à breveter le huitième jour. Les années s’empilent et les mois défilent… et le monde semble toujours plus fourmillant. L’écran démultiplié a ouvert une fenêtre sur une profusion qu’il était plus facile d’ignorer avant le développement d’internet et de toutes ses interactions. J’ai parfois un coup de découragement, comparable à la vision de la bouteille à moitié vide : je me mets à songer à tout ce que je vais louper. Et une fois que j’ai fait plusieurs « loupings » dans les airs de ma rêverie… je suis bien obligée de me poser sur terre, faute de carburant. Nous n’avons pas encore de Dr Frankenstein qui puisse nous dupliquer pour faire 2 fois plus de choses en même temps grâce à notre clone connecté. En l’absence de progrès médico-scientifiques probants, deux types de postures s’offrent donc à nous :

La pression maxi sur le choix 

« La vie est courte et il est déjà 17 h 20. L’existence n’étant que ce que l’on en fait dans un nombre incertain de minutes mises bout à bout, concentrons-nous sur l’essentiel. Soyons intraitables avec les bouffeurs de temps, les relations inutiles, les navets littéraires et cinématographiques, la mauvaise bouffe, les endroits détestables. Sélectif, exigeant, déterminé. Le genre qui sait ce qu’il veut et qui ne butine pas n’importe où. On n’achète jamais une piquette au hasard : on a son guide 2013 toujours avec soi. Et c’est pour tout pareil. Une vie très « comparateur de prix », très « vente privée », très « site pour célibataires exigeants ».   Bref, une vie de moteur de recherche.

OU

Le lâcher-prise résigné

« Nous sommes nés là plutôt que sur un trottoir de Manille. Ça a déjà déterminé beaucoup de choses. Conscients de nos choix permanents et de l’enchaînement intraitable du karma, nous sommes parfois fatigués de tout contrôler… car cela peut nous faire perdre nos cheveux, nous coller des ulcères et des boutons tout partout. Et si le hasard était finalement de la grâce dans un monde absurde et la façon la plus jubilatoire de s’étonner ? Quoi de plus vivant qu’une rencontre qui aurait pu ne jamais avoir lieu ? Et si la contingence était  le risque qui donne du piment à notre soupe quotidienne ? L’accepter pour mieux le ressentir implique de renoncer sagement à tout ce qu’on ne vivra pas. C’est horrible et c’est ce qui fait que c’est énorme. » Bref, une vie d’électron libre en position du lotus.

Vous hésitez entre les deux ? Lundi, ce sera peut-être « moteur de recherche » et vendredi la « fête à la sérendipité ». Pour apprécier ce qui nous arrive, il faudrait peut-être qu’on arrive à ne plus regarder en même temps ce qui peut se passer à côté. Nous ferons toujours des choix qui nous feront louper plein de choses. Alors vive le louping… sans la Patrouille de France.

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5 réflexions sur “Notre vie est un grand louping.

  1. Erick dit :

    J’ai peut-être loupé plein de trucs aujourd’hui, mais pas mon billet d’humeur. C’est le principal ! 🙂

  2. Voilà un thème qui devrait parler à tout un chacun, sans aucun doute. Et toujours aussi bien tourné, bravo. Pour ma part, oui, je dirais « les deux mon général ». La maturité n’est probablement pas étrangère à la posture de trieur. Le temps est une denrée précieuse. Que dis-je : sacrée ! Et la croissance interrompue et exponentielle de l’infobésité amène tôt ou tard à une posture de lâcher-prise. Il y va de la santé mentale ! D’ailleurs, depuis quelques semaines, vous constaterez que j’ai pris pas mal de recul avec le « screenshoot » quotidien, néologisme que je vous propose mais qui n’est peut-être pas sans antériorité. A vérifier. Reste que le rdv avec votre blog a été validé par mon moteur de recherche spécial débranchement 😉

  3. Erratum : je voulais dire la « croissance ininterrompue (…) de l’infobésité ». Et voilà le premier lapsus de ma journée ! No comment ! A bientôt 😉

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