Conjuguez-moi le verbe être au présent de l’infini.

Alzheimer. On peut l'avoir et continuer à êtreJe sais que vous préféreriez que quelqu’un vous dise que ça va s’arranger, que la courbe du chômage va s’inverser, qu’on va arrêter de nous enfumer sur les retraites, que la cupidité cynique qui nous mène droit dans le mur va s’autodétruire le mois prochain, que la Syrie va directement passer de la dictature à la démocratie laïque… Ne comptez pas sur moi pour mettre un coup de peinture rose sur les fissures du plafond ! Non, j’ai choisi un sujet bien plus guilleret pour mon PHILO PUB de rentrée.

«Alzheimer. On peut l’avoir et continuer à être. »

Dans cette campagne qui a fleuri sur les abribus au mois d’août, on voit des personnes atteintes qui vivent justement un moment joyeux « en suspension » : peu importe que leur vie soit désormais reliée à un passé plein de trous et que leur avenir s’écrive en pointillés, on est dans l’instant à savourer, dans l’être pur. Qu’est-ce qui m’a touchée dans cette publicité de la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer ? Un écho certain avec mon histoire personnelle puisque ma mère en est atteinte depuis plusieurs années ? Un fil rouge philosophique personnel qui me sert parfois à situer la posture de mes congénères : « Et celui-là, il privilégie l’Être ou l’Avoir ? ». Un questionnement éternel autour de l’identité, de ce que nous sommes vraiment ou faisons semblant d’être ? Sûrement un cocktail de tout cela dans mon petit bric-à-brac conceptuel. Au-delà du jeu sur les verbes être et avoir, cette phrase touche juste : on peut être et avoir été… Lire la suite