Du côté de chez Mesdemoiselles Madeleines

Mesdemoiselles Madeleines, Marcel Proust, Madeleine

Marcel, si tu passais rue des Martyrs, tu serais fou…

Pauvre Marcel Proust ! Une œuvre immense comme une forêt… et néanmoins cachée par une petite pâtisserie : la madeleine. Car, oui, on ne va pas se mentir : les personnes qui ont vraiment lu « la Recherche » sont bien moins nombreuses que celles qui aiment faire référence à la Madeleine de Proust qu’on trempe dans le thé, comme un sésame de la mémoire émotionnelle. Peu de gâteaux ont d’ailleurs un pedigree aussi classieux et cultivé. À l’instar de la tarte Tatin, la fameuse Madeleine devrait son origine à la faveur d’un déboire en cuisine : elle aurait été créée en Lorraine, au milieu du 18e siècle, à Commercy. Suite à l’abandon des cuisines par le pâtissier lors d’un diner officiel, une certaine Madeleine Paulmier joua les pompiers et servit le gâteau qui nous occupe au prince régent de Lorraine, le duc Lesczynski.

Imaginez la postérité de Madeleine qui, depuis lors, se fait tremper gentiment dans le thé, qui vadrouille dans les cartables… après être entrée au Panthéon de la littérature sous la plume d’un dandy souffreteux, ce cher Marcel. Quel parcours… Sur LinkedIn, c’est « expert absolu ».

Morceau de bravoure à la gloire de la pâtisserie et de la littérature, la Madeleine continue à titiller les talents créatifs. En voici pour preuve, une boutique pas comme les autres qui décline le plaisir de la Madeleine avec de nouvelles recettes, sucrées mais aussi salées : Mesdemoiselles Madeleines

Lire la suite

Publicités

Philosophie Magazine : cure de ré-intoxication

Philosophie Magazine Paris Philo ParigrammeChacun ses défauts : je ne fume pas. Même pas de cigarettes en chocolat. Mais je fume des concepts philosophiques. Oui, je crois que je suis devenue dépendante de la philo. En même temps, mes alvéoles pulmonaires ne se plaignent jamais d’une taffe de Bergson ou d’un paquet de Spinoza sans filtre.

Toute forme de dépendance peut poser question, mais finalement, nous sommes fondamentalement dépendants : de l’air que nous respirons, de l’eau qui nous manque mortellement au bout de 4 jours, de ceux que nous aimons, de nos aversions comme de nos passions, du réseau électrique, de la fiabilité des freins de notre auto… Dépendants sans que cela puisse devenir une excuse permanente, c’est-à-dire dépendants et pourtant responsables. Parfois, on n’admet sa dépendance qu’après avoir expérimenté le manque. C’est logique. Donc, après plusieurs années de lecture de Philosophie Magazine, j’ai décidé de ne pas renouveler mon abonnement. Pourquoi ? Je ne le sais pas exactement moi-même, car nous sommes loin d’être aussi rationnels que l’idéologie contemporaine de la maîtrise chiffrée voudrait nous le faire croire. Je n’avais pas de reproche à faire à cette publication : je me lançais sans doute inconsciemment un défi… Lire la suite