Le Brio, c’est d’avoir raison avec Schopenhauer.

Avoir raison avec Schopenhauer Guillaume Prigent LibrioDans le dernier film d’Yvan Attal intitulé LE BRIO, le professeur d’éloquence campé par Daniel Auteuil fait référence à un « manuel » incontournable de l’art rhétorique : L’art d’avoir toujours raison, de Arthur Schopenhauer. Ce livre de chevet des apprentis en joute oratoire contient 38 stratagèmes pour emberlificoter son monde. Intrigué(e) hein ?

Pour les divas du prétoire, mais pas que…

Dans le film LE BRIO que je vous conseille d’aller visionner dans une salle obscure, Daniel Auteuil est professeur d’art oratoire à l’université Panthéon II Assas. Il règne sur un amphi rempli d’étudiants et d’étudiantes en droit qui pourraient finir au barreau. Parmi eux, Camélia Jordana interprète une étudiante qui se distingue dès le premier cours… en arrivant en retard. En toile de fond, les difficultés d’une jeune fille qui vient de la cité comme on dit et qui porte un nom d’origine maghrébine, face à un professeur brillant mais qui s’attire la disgrâce de toute la fac par un comportement en rien « bien-pensant ». Il devient le coach de la retardataire, l’improbable future championne d’éloquence qui représentera Assas, et la met en garde d’emblée : rien à voir avec la quête de la vérité, il s’agit simplement de convaincre… L’art d’avoir toujours raison, c’est de la rhétorique, pas de la morale scientifique au service du vrai.  Son bréviaire absolu : le livre des 38 stratagèmes de Schopenhauer, philosophe allemand du XIXe S, reconnu aussi pour sa vision un brin pessimiste de la condition humaine.

Merci qui ? Merci Guillaume Prigent.

Là où nous avons de la chance, c’est que Guillaume Prigent, professeur d’art oratoire à l’université Paris-Nanterre et juré de concours d’éloquence, nous rend le bréviaire du maître plus accessible avec son livre publié début novembre : « Avoir raison avec Schopenhauer » (Librio). Il y commente chacun de ces stratagèmes accompagnés de leur parade et les illustre avec des exemples très récents, aussi bien tirés d’émissions de télévision polémiques que de débats politiques. C’est tout simplement passionnant, chers amis du verbe. Connaissez-vous la rétorsion, qui consiste à retourner l’argument de l’adversaire contre lui ? L’extension, pour interpréter l’affirmation adverse le plus largement possible pour la discréditer ? L’exception de derrière les fagots pour prouver aux oreilles crédules que l’ensemble de la théorie de l’adversaire est caduque ? Plonger dans le manuel d’éloquence de Guillaume Prigent donne l’impression de voir un peu mieux la trame de certains débats survoltés. Certains ont appris à manier ces effets. D’autres sont peut-être des Monsieur Jourdain de la conviction. En tout cas, nous cernons plus précisément notre fragilité intellectuelle face aux plus talentueux des tribuns. Ce n’est pas pour nous rassurer, mais il faut avoir le courage de soulever le voile et de saisir une chance d’être un peu moins naïfs… C’est en cela que Guillaume Prigent qualifie lui-même son livre de « manuel d’auto-défense intellectuel ». Un nouveau moyen de décrypter le débat pour gagner en esprit critique. N’hésitez pas : il ne vous en coûtera que 3 €. Cela peut être très vite amorti à la première engueulade.

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Ce que nous cache le volet roulant…

Inconvénients du volet roulant

Le volet roulant est trop vilain en photo… j’ai mis son concurrent stylé.
Photo by Joacim Bohlander on Unsplash

Vous êtes plutôt persiennes ou volets roulants électriques ? Il y a comme ça des questions qui n’ont l’air de rien, mais qui en soulèvent beaucoup d’autres. Derrière le choix du volet roulant, tout un style de vie. Derrière celui du volet manuel en bois ou métal, toute une résistance. Allez, on appuie là où ça fait mal…

Sur ce sujet brûlant, il faut déjà que je me situe à vos yeux. Mon habitation est munie de persiennes métalliques, manipulées à l’huile de coude. Mais, il faut vous dire que j’ai déjà été confrontée indirectement aux effets secondaires du volet roulant électrique, au cours de réparations pénibles à gérer chez mes parents… et aussi à travers une anecdote de personnes enfermées chez elles, à cause d’une panne électrique. Je vous le dis donc tout net, sans pour autant fermer tout volet à la discussion : il y a un drame humain, écologique et urbanistique du volet roulant. Que des hôpitaux ou des résidences de personnes âgées s’équipent de ce système pour fermer tous les volets d’une unité en même temps, je pense qu’on est d’accord pour y voir un avantage majeur, compte tenu du minutage drastique de l’emploi du temps des soignants. Qu’en tant que particulier avec 8 fenêtres, on cède à la paresse en se privant de ces gestes d’ouverture et de fermeture quotidiens hautement symboliques… c’est une faiblesse dont on mesure mal les conséquences anthropologiques au moment de signer le devis. Réquisitoire en 4 points s’il vous plaît… Lire la suite