May the softness be with you

Eric Bompard cachemire publicité 2017 Soft is the new strongLa trêve de Noël peut être propice aux épanchements utopiques. On peut rêver que toutes les familles se réconcilient autour de la bûche, que la paix universelle entraîne la liquidation totale des industries de l’armement. Générosité, douceur et volupté… En attendant, et à défaut de changer le monde avant l’année prochaine, Éric Bompard nous propose de toucher du cachemire. Divinement chaud et incroyablement doux, le poil de chèvre de Mongolie pourrait-il faire fondre le cœur d’un dictateur et le transformer en agneau ? On peut bien sûr sérieusement en douter.

Bien emmitouflés dans le « soft power »

Qu’à cela ne tienne : dans la grisaille, le béton et les arches de métal, un ange voilé de rouge survole la dureté du monde sur son skate-board. « Soft is the new strong » nous dit Éric Bompard. Effectivement, à l’heure du soft power, la force ultime est plus que jamais dans le pouvoir charismatique et sans contrainte. Tout en douceur, en séduction et en évidence, s’appuyant sur d’autres leviers que la violence. Dans l’entreprise, l’autoritarisme ne permet déjà plus de retenir les meilleurs éléments qui marchent plus que jamais au management qui donne du sens, au leadership qui fait confiance. La force douce, c’est aussi l’accumulation des gouttes d’eau qui creusent une à une la pierre sans relâche ou les millions de pétitionnaires sur Internet  qui font pencher la balance.

Sous le charme de l’évidence avec Hannah Arendt ?

La force douce ne serait-elle pas à rapprocher de la définition de la véritable autorité par la philosophe Hannah Arendt ? Ni coercitive, ni bavarde en argumentation, la véritable autorité décrite par Hannah Arendt s’impose en toute légitimité par son évidence indiscutable. Non coercitive, parce que contraindre, c’est déjà avouer son impuissance sur le long terme. Avare d’arguments à rallonge, parce que trop expliquer, c’est déjà mettre en doute sa légitimité. Le paradoxe de cette autorité tient-il aussi à un parfait dosage entre mystère charismatique et évidence des faits, qui en renforce la transcendance ? On peut imaginer parfois que comme pour se lover dans un pull à la chaleur et à la douceur idéales, tout cela ne tient qu’à un fil… mais quel fil !

 

Publicités

Peut-on toucher sans retoucher ?

Photo non retouchée, Damart, Décret PhotoshopAu printemps dernier, on apprenait que Claudia Cardinale avait été retouchée sur l’affiche du Festival de Cannes. Alors, comme ça, au royaume de la fiction, on ne se contente pas seulement de raconter des histoires, on maquille la réalité ? Heureusement le « décret Photoshop » va désormais nous rappeler que certaines perfections féminines ne sont accessibles qu’après de nombreux clics de souris… qui, vous l’aurez remarqué, rime avec bistouri.

La vérité au fond du filtre ?

La mention « photo retouchée » veut ramener de la transparence là où les défauts ont été floutés. Mais la vérité toute crue, ce n’est pas si simple. Notre premier réflexe est de toute façon d’envisager la photo comme un miroir neutre de la réalité, alors même que la technologie numérique a aggravé l’écart possible entre la photo et le réel. Comment cette mention empêchera-t-elle l’image de flouer, de faire déduire, spéculer ou fantasmer ?

Susan Sontag nous avait pourtant ouvert les yeux…

En 1977, avant même le déploiement de la photographie numérique, Susan Sontag nous rappelait dans son essai « Sur la Photographie » que « la façon dont l’appareil photo rend la réalité dissimule toujours plus qu’elle ne montre. »  Construite, cadrée, modifiée, « filtrée », etc., la photo à des fins publicitaires (comme à des fins narcissiques sur notre compte Instagram…) est une image qui mêle matériau réel et un retravail du ressort de la  fiction. Tout dépend alors du contrat de confiance qui lie le spectateur et le photographe. Avec « Photo non retouchée », Damart veut sans doute nous associer à un refus du jeunisme et nous y sommes plutôt bien disposés. Mais nous voilà bien démunis pour nous assurer de l’authenticité de cette affirmation qui, au final, s’appuie sur notre confiance « aveugle ».

En fait, il faudrait, dès le Cours Préparatoire, apprendre à ne jamais confondre au premier regard image et réalité, photo et vérité vraie. Devant une image dont on ignore les coulisses, tout reste à interroger. Sans cela, chaque photo, qu’elle soit un exercice esthétique ou un morceau journalistique de la réalité, risque de nous renvoyer dans la caverne de Platon, enroulés dans la peau de bête de nos illusions…

« N’importe quelle photographie est chargée de sens multiples ; en effet, voir une chose sous la forme d’une photo, c’est se trouver en face d’un objet de fascination potentielle. Au bout du compte, l’image photographique vous lance un défi : « Voici la surface. A vous maintenant d’appliquer votre réflexion, ou plutôt votre sensibilité, votre intuition, à trouver ce qu’il y a au-delà, ce qui doit être la réalité, si c’est à cela qu’elle ressemble. »

Susan Sontag, Sur la photographie – Dans la caverne de Platon – Traduit par Philippe Blanchad – Éditions Christian Bourgois

 

 

Marre de me lire ? Écoutez-moi dans #2050LePodcast

#2050LePodcast Rebecca Armstrong podcastJe peux vous dire que vous allez m’entendre ! Attention : aucune menace autoritariste derrière cette expression. Il faut l’entendre au premier sens du terme. Rebecca Armstrong m’a en effet invitée à parler publicité et philosophie en 2050. Un mix étrange et taillé sur mesure pour ma pomme, enregistré chez les Normandy Web Xperts. On airLire la suite

Algorithm’n’blues

TSF Jazz, publicité, robot, algorithme, It's a human thing

Quand vous êtes d’humeur chagrine le lundi matin, il vous arrive de vous demander entre collègues et entre deux cafés si vous serez bientôt remplacés par des robots ? Voilà une inquiétude bien légitime face à la surenchère technologique des prodiges de l’intelligence artificielle. Notre monde pourrait basculer dans un cauchemar de science-fiction ou au contraire inventer un nouvel âge d’or du farniente.

Algorithme ? Est-ce que j’ai une gueule d’algorithme ?

Heureusement, même les plus pessimistes s’accordent pour dire que la créativité pure et les métiers du soin seront encore pendant quelque temps l’apanage de l’être humain. Comme pour nous rassurer en musique, TSF Jazz a choisi de souligner que le jazz en est l’illustration : une échappée constamment réinventée, entre improvisation et standards, qui ne répond à aucun programme et préfère toute la gamme des émotions à l’alignement des 0 et des 1. Nous voilà donc ravi.e.s de voir notre apprenti cyber-trompettiste totalement dépité. C’est bien joué tout ça, mais vos doutes sur ce qui nous rend irremplaçables ne s’en vont pas ?

Descartes avait tiré les choses au clair…

Néanmoins, si des intelligences artificielles peuvent désormais composer de la musique (oui, oui), il n’est pas inutile de revenir avec Descartes sur ce qui nous distingue au final de la machine et de l’animal. Être humain, c’est ne pas pouvoir compter sur les schémas très encadrés de l’instinct animal. Être humain, c’est ne pas pouvoir fonctionner selon un programme préétabli comme un machine. Être humain, c’est donc se confronter au tâtonnement, à l’échec et… à la terrible liberté de choix. Aujourd’hui, face à tous les assistants numériques et prédictifs qui colonisent notre quotidien en nous profilant, la résistance va peut-être consister à rester encore plus imprévisibles qu’un solo de jazz.

Et puis, avec notre connaissance intime et millénaire de l’échec, qui sait si un jour nous ne serons pas les mieux placés pour venir en aide à des robots déprimés… car incapables d’improviser aussi bien que nous ?

Rebond bonus avec philosophie magazine

La série scandinave Real Humans qui brouille les cartes et nous affole les circuits imprimés.

Détartrage obligatoire

affiche Fnac septembre 2017, souriez, c'est la rentréeS’il est de bon ton de claironner « Vivement les vacances ! », il est tout aussi logique de souligner l’effort résigné que nous faisons pour reprendre le chemin du labeur. La vérité toute crue, c’est qu’il n’est pas tenable de s’épanouir 5 semaines par an seulement… en passant les 47 autres à gagner de quoi repartir.

Faites un effort, pas la gueule.

Heureusement, la Fnac, grande pourvoyeuse de distractions en tous genres, sait nous remonter le moral dans ces moments difficiles. Puisque nous savons que ce retour à la dure réalité est inéluctable, sourions à la rentrée et à ce que ce nouveau cycle saura nous apporter. Nouveaux défis, nouvelles découvertes, nouveaux succès… : voilà ce qui nous attend et puisque «quand on veut, on peut… », il suffit de sourire un bon coup pour repartir du bon pied. L’image qui nous est présentée souligne qu’il vaut mieux avoir de belles dents et une carnation qui en fasse ressortir la blancheur. Si vous n’avez pas une dentition parfaite à offrir à la vue de vos semblables et si vous trouvez cette pression positive un peu culpabilisante, tentez une autre approche…

Le sourire stoïque, qui ne connaît pas la panique.

Marc-Aurèle, empereur romain et philosophe, nous a livré l’essence de la sagesse stoïcienne dans une vraie astuce de coach. Elle se résume dans une prière : « Donne-moi la force d’accepter ce que je ne peux pas changer, la volonté de changer ce que je peux changer, et la sagesse de savoir distinguer les deux. ». Voilà une distinction qui a changé la vision de nombreux managers et qui peut être utile face aux échecs et réussites à venir. La rentrée est là et vous ne pouvez rien y changer. Si vous vous lamentez sur ce qui n’est pas en votre pouvoir, vous n’avez plus assez de force pour « performer » là où vous le pouvez vraiment.

Sourire en faisant tout cela sera bien sûr un atout auto-persuasif. Si vous n’y arrivez décidément pas, seul Confucius peut vous aider. Avant de créer son cabinet de recrutement, il aurait en effet asséné : « Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie. »

 

Un coyote pour chacun, tous pour mon coyote.

avertisseur Coyote, affiche juillet 2017, radars, légalité, HobbesVous larguez la routine pour la route des vacances ? Dans ce monde automobilistique très balisé, la technologie vous permet quand même de déjouer d’indésirables pièges. Une technologie que la campagne de l’avertisseur Coyote a choisi de cacher derrière son animal totem. Même si vous pensez disposer d’un ange gardien, ce coyote est assurément l’animal embarqué le plus utile pour signaler les radars…

Bienvenue dans la « meute ».

Cet outil… pardon, ce rusé compagnon à poil brillant, indique en réalité les « zones dangereuses », car il est illégal d’indiquer l’emplacement exact d’un radar. En accédant à cette technologie, le conducteur solitaire rejoint néanmoins avec intérêt une communauté d’utilisateurs connectés, appelée… « meute ». Chaque conducteur se connectant à cette intelligence collective pour signaler la présence d’un « danger », c’est même toute la « meute » qui veille sur chaque conducteur… et non un seul coyote. Que de sollicitude. On peut alors s’interroger sur ce regard vert un brin menaçant au centre de l’affiche : en guise de protecteur bienveillant, ne suis-je pas plutôt face à une espèce de Leviathan omniscient et scrutateur ? Paradoxal…

C’est là où Hobbes sort de sa tanière.

Au XVIIe S., l’anglais Hobbes marqua la philosophie en considérant que la prétendue sociabilité de l’être humain s’était simplement installée à cause de sa crainte de la mort violente dans un chaos sans foi, ni lois. Abdiquer sa sauvage liberté contre une entrave juridique protectrice, ce serait le vrai deal de la vie en société. Au XXIè S., on ne voit plus les choses avec le même écran : l’homme n’est pas un loup pour l’homme, mais chaque conducteur est un coyote pour chaque conducteur… de façon à s’affranchir autant que possible des limitations désagréables de l’État. Serait-ce le nouveau filon de l’économie collaborative, même s’il faut pour cela rester connecté sous des regards plus ou moins inquisiteurs ?

En attendant la réponse, précisons que le coyote à poils ne pouvant atteindre qu’une vitesse de 60 km/h, nous espérons que vous rejoindrez votre lieu de villégiature un peu plus rapidement…

REBONDS

Oups, révisons notre Hobbes

Et hop, ouvrons le capot du Coyote

L’intelligence artificielle, on peut en mettre partout.

intelligence artificielle, publicité, Randstad, TSF Jazz

L’intelligence artificielle, elle entre dans nos vies et donc dans la pub…

À cette heure bien tardive, il fait encore 30° C à l’extérieur, fin juin, au Nord de la Seine. Mes circuits sont un peu en surchauffe et je me demande si je ne résisterais pas mieux à tout cela une fois transformée en androïde, avec climatiseur 3.0 intégré. Nous sommes humains, trop humains et particulièrement sensibles à notre environnement. Nous en prenons cruellement conscience alors que le XXIe S. voit émerger toutes sortes d’assistants informatiques, d’applications bienveillantes et d’objets connectés et surdoués… tant qu’ils sont alimentés en énergie électrique. Emploi, santé, éthique, défense… : l’intelligence artificielle s’invite dans la plupart des débats. L’algorithme et le robot émergent donc aussi dans l’imaginaire publicitaire. Terminator ou C3PO ? Peut-être rien de tout ça… ou les deux à la fois. Pour nous y retrouver, j’ai semé des cailloux-liens dans le texte qui suit…

Vous avez dit « intelligence » ? Comme c’est artificiel…

Elles calculent bien plus vite que nous, modélisent à merveille, supprimeront à terme tous les emplois de comptables ou de taxis. Ce sont les intelligences artificielles (IA). Oui, artificielles, car nous les avons créées de toutes pièces, en inventant les mathématiques puis l’informatique. Mais, n’est-il pas primordial à ce stade d’interroger ce qu’on entend exactement par « intelligence(s) » : la naturelle et l’artificielle. Une définition indispensable avant de cerner les frontières entre ce que nous pouvons déléguer aux IA et ce que l’on peut encore espérer conserver, nous les vrais humains, comme chasse gardée. Je vous conseille donc en préambule de vous plonger dans ce tour du propriétaire de l’intelligence tout court, signé Yann Gourvennec : caillou-lien.

Techno-béat ou techno-cassandre ?

C’était un bon début avant de rappeler que des esprits brillants ont déjà émis des doutes sérieux sur le danger du développement naïf d’intelligences artificielles. C’est l’avis de Stephen Hawking ou même de Bill Gates : caillou-lien. C’est vrai cela : elles pourraient finir par comprendre que la Terre se porterait beaucoup mieux sans les humains et par faire sauter les pauvres verrous de sécurité que ces derniers leur ont collés.

A contrario, les transhumanistes de la Silicon Valley s’imaginent déjà vivre éternellement grâce à leur pacte faustien avec les biotechnologies et l’IA. On appelle même ça la singularité et de richissimes humains seraient bien sûr prêts à en être. Mais comme d’habitude, entre l’angoisse et l’utopie, la vérité est peut-être ailleurs : en tout cas, c’est ce que nous expliquait récemment Jean-Gabriel Ganascia, professeur d’informatique et expert IA : caillou-lien.

Mouliner de la data, c’est pour vous les IA…

algorithme et recrutement Randstad intelligence artificielleQuels que soient les futurs effets secondaires de l’IA, on s’accorde, pour l’instant, sur le partage des tâches entre nous et elle. La campagne de la société d’intérim Randstad illustre bien la banalisation de la puissance de l’algorithme et de ce terme très technique qui rentre désormais dans le langage courant. L’intelligence artificielle est en train de rafler la mise lorsqu’il faut chercher une aiguille dans une boîte de foin : trouver quasi-instantanément l’info sur Internet, faire coïncider le profil de candidat et le poste ad hoc, trouver le bon itinéraire plus vite que tout le monde… analyser en somme une quantité de critères et de datas en un temps record pour répondre à un objectif précis. Comme je l’évoquais dans un billet précédent à propos de l’appli Jobijoba, le recrutement s’est déjà emparé de la puissance algorithmique… et ce sera peut-être un jour une bonne nouvelle pour faciliter le retour à l’emploi.

Son autre destin à l’intelligence artificielle, c’est de pister tous les signaux prédictifs et de faire du profilage pour détecter des événements à éviter… y compris les suicides : caillou-lien. Si cela vous rappelle Minority Report, c’est que vous avez décidément trop de culture. On touche bien sûr là du doigt une des pierres d’achoppement éthiques du Meilleur des Mondes sous intelligence artificielle. Mais ce n’est pas la seule. Les nouvelles générations d’intelligence artificielle sont capables d’apprendre par elles-mêmes pour progresser dans la pertinence du service rendu : c’est ce qu’on appelle le Machine Learning, et encore plus fort le Deep Learning. Apprendre c’est bien mais jusqu’où ? Au point de nous échapper ? Fin 2016, les chercheurs du programme Google Brain découvrent que deux IA ont réussi à créer dans leur coin un algorithme unique pour communiquer sans être comprises des autres intelligences… : caillou-lien.

…faire des trucs imprévisibles, c’est pour les humains.

TSF Jazz Campagne pub 2017 It's a human thingComme l’illustre la publicité TSF Jazz, l’humanité essaie néanmoins de se remonter le moral, en glorifiant des atouts indépassables liés à sa sensibilité et à un fonctionnement aléatoire et mystérieux du cerveau biologique. C’est une bouffée d’espoir narcissique et d’ailleurs les prospectivistes considèrent que les voies d’orientation les plus sûres pour nos bambins (en dehors de l’ingénierie informatique) sont celles qui font appel à la créativité artistique ou au relationnel humain pur qui réclame de l’empathie : caillou-lien. Créativité, peut-être. Néanmoins, une agence publicitaire a déjà testé pour Toyota la création publicitaire assistée par intelligence artificielle, pour sortir 1 000 slogans adaptés à 100 cibles différentes : caillou-lien.

De la pub peut-être mais pas touche à la littérature ? Plumitifs imbus de votre verbe, tremblez : d’autres grands voyants de la technologie voient les robots écrire de « vrais livres » dès 2049 : caillou-lien. L’écrivain Antoine Bello nous y a déjà fait croire assez aisément en 2016 dans son roman ADA, dont je conseille vivement la lecture.

Je vous le dis tout net : cela va devenir compliqué. On aura peut-être un label bio du type « 100 % écrit par un auteur humain ». Vous-même, êtes-vous bien sûr que c’est Anne DEBRIENNE en chair et en os qui a écrit ce que vous venez de lire ? Je vous laisse à votre perplexité pour recharger ma batterie et remettre mes circuits imprimés au frais.

REBONDS

Vous pensiez vous rendormir tranquille ? Laurent Alexandre va vous mettre un brin la pression :