Bonhannée avec Philocomix

Philocomix Rue de Sèvres BD

Serez-vous heureux cette année ? C’est bien sûr tout ce que VOUS TOMBEZ PILE vous souhaite en ayant attendu la limite acceptable de la fin janvier, le cachet du blog faisant foi. En 2018, comment choper du bonheur avant qu’il n’aille voir ailleurs ? Oublions les astrologues, les fonds de l’œil chez l’ophtalmo et la cartographie du marc de café. Rencontrons 10 facettes de la quête du bonheur avec les 10 philosophes de la bande dessinée Philocomix

Philocomix, avec 10 super-héros du bonheur

Vous avez passé le mois de janvier à lancer et à recevoir des « Bonne année ». Reste à savoir ce que vous pouvez attendre comme genre de bonheur de votre existence et si la course au bonheur vaut toute la peine que vous vous donnez… Parce que le bonheur, c’est un peu comme une savonnette enrobée d’huile d’olive : à peine on croit l’avoir attrapé qu’il nous file entre les doigts. Un vrai sujet de philo qui nous occupe depuis l’Antiquité : la quête philosophique du bonheur porte même le joli nom d’eudémonisme. Avec Philocomix, la bande dessinée de Jean-Philippe Thivet, Jerôme Vermer et Anne-Lise Combeaud (Ed. Rue de Sèvres), c’est parti pour un décathlon philosophique en BD : un chapitre par philosophe, de Platon à Nietzsche, en passant par les stoïciens qui se préparent à la mort, le fameux pari de Pascal, le bonheur au service du bien universel de Kant, l’utilitarisme de Bentham, la voie de la sérénité de Schopenhauer ou le « deviens qui tu es » de Nietzsche. Un bréviaire dont la lecture à elle seule est déjà un petit bonheur. Dessin enlevé dans l’esprit du roman graphique, clins d’œil humoristiques qui nous rapprochent un peu de ces 10 monstres sacrés, petit topo final avec des renvois sur des vidéos pour en savoir plus… : avec Philocomix, vous serez vraiment paré.e.s pour questionner le produit qu’on veut nous vendre sur tous les tons : le « bonheurisme » contemporain, associé zélé de l’individualisme.

Philocomix Rue de Sèvres BD Pari de Pascal

Du bon marketing ce pari de Pascal…

Attention, la philo, c’est pas du développement perso !

Après être passé.e comme ça de l’Antiquité au Surhomme, vous vous poserez peut-être la même question que moi : finalement, la quête du bonheur en soi ne serait-elle pas un peu vaine ? L’iconoclaste François Cavanna nous a dit : « On court après le bonheur, et l’on oublie d’être heureux. » Voilà qui m’interpelle, Adèle. Se focaliser sur lui, c’est peut-être s’obstiner à traquer l’ombre sans s’occuper de l’essentiel. A contrario, nous avons tellement de mal à le reconnaître quand il est là que certains disent même qu’on le remarque surtout au bruit qu’il fait… en partant. Notre étourderie et notre ingratitude nous rendent en effet bien plus attentifs aux frères ennemis de la félicité, qui ne font pas dans la discrétion : le malheur, la tuile, le drame, la catastrophe naturelle, etc. La philosophie dans tout ça ? Face au paradoxe existentiel de la savonnette enrobée d’huile d’olive, elle n’a pas de recette miracle pour nous rendre heureux. La philosophie ne tient pas un cabinet de coaching sur le Boulevard du Bonheur Assuré. La philosophie cherche à nous rendre plus lucide et c’est rarement un gage de bonheur… au moins dans un premier temps. Elle remplace les fausses certitudes par de saines questions et vous oblige à regarder les événements et les grands mots sous un autre angle.

Philocomix Rue de Sèvres BD Schopenhauer

Un ami des bêtes, ce Schopenhauer.

Alors, peut-être qu’après avoir révisé 10 recettes de philosophes dans Philocomix, il ne nous reste plus qu’à tester la onzième : la nôtre. Un petit cocktail avec du Sénèque, du Kant et du Schopenhauer ? Un doigt de Montaigne avec un poil d’Epicure ? Chacun bricole. Chacun tâtonne. Mais, mais… Voyez plutôt les grands pianistes qui paradoxalement ne doivent surtout plus penser à la position de leurs doigts sur le clavier sous peine de fausse note. En 2018, je ne me mets pas au piano, mais je vais essayer de faire chaque jour ce que j’estime vraiment chouette et drôlement nécessaire d’être fait dans ma vie minuscule… sans penser à la position de mes doigts sur le clavier du bonheur.

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Le Décalage, ça déchire.

Le Décalage Marc-Antoine MathieuEn matière de bandes dessinées, on peut dire que Marc-Antoine Mathieu est plutôt du genre difficile à mettre dans une case. Ce n’est pas étranger au fait que chacun de ses albums est ouvert par mes soins comme une pochette surprise, avec une gourmandise intellectuelle très particulière. Entre récit philosophique et fantaisie rhétorique, on jubile et on peine à identifier les zones du cerveau qui sont ainsi sur-stimulées. Après la mise en abîme réussie de 3’’ et la fable de DIEU EN PERSONNE, celui qui n’a de cesse de tester les limites de la narration a encore frappé fort avec le dernier album sorti le 6 mars : Le Décalage. Dans le rayon de votre libraire, vous allez d’abord relever une étrangeté : la couverture de cet album n’est pas une couverture mais… déjà une planche. A partir de là, évitez absolument de le feuilleter, car vous allez vous gâcher la surprise. Vous allez peut-être remarquer au dos cette mention : « Attention. Cet album comporte des anomalies qui sont parfaitement volontaires et en constituent même le sujet. » Vous voilà prévenu…

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Pour favoriser la digestion, rien de tel que les bulles.

En ce printemps pétillant, le chef vous propose un menu 100 % BD, car il faut bien rire de tout, de l’entrée au dessert…

EN ENTREE : « Je suis reçue à l’agrèg’ du pâté ».

Attention, séquence frime sur « Vous tombez pile »… C’est une des gagnantes du concours « Petit traité de philosophie charcutière » qui vous parle ! Je viens en effet de recevoir en cadeau mon exemplaire de la BD éponyme (de Sébastien Demorand et Vincent Sorel – Editions Kéribus-Le Rouergue) : je l’ai gagnée à la sueur de ma plume, en proposant ma question de philosophie charcutière :

“La meilleure façon de faire du pâté de tête est-elle de philosopher de la cervelle ?”

Ce moment d’humour absurde m’a donc permis de savourer en retour un album qui n’en manque pas. Au cœur de la dialectique « gourmandise & diététique », il a pour mission de nous convaincre que décidément il n’y a pas que les crudités à l’huile d’olive dans la vie… et que de toute façon, on va tous mourir.

Quoi ? Vous faites encore du boudin parce que vous n’avez pas gagné ? Je vous le dis tout net : cessez de rougir de colère comme un salami… il fallait déjà participer à l’assiette anglaise ! Non mais… gruik, gruik !

>Allez, pour vous consoler, je vous passe en lien une des recettes de l’album : les bouchées de knacks

COMME PLAT DE RESISTANCE : « A savourer et à pouffer »

Après cette entrée de cochonailles, je vous invite à vous servir une bonne part du blog d’un auteur-illustrateur qui manie le presse-purée aussi bien que le crayon : Guillaume Long et son blog BD-cuisine « A boire et à manger ». Une grosse rasade de délire et une bonne louche de gourmandise. Les bons conseils de Pépé Roni ou les recettes de Joël Reblochon ne  peuvent laisser les papilles insensibles. L’album éponyme (oui, je kiffe ce mot en fait) est sorti chez Gallimard et ça se mange sans faim (oui, ce n’est que le tome 1). (Oui c’est vrai, il ne faut jamais abuser des parenthèses…)

Le blog "à boire et à manger"

>on clique avec la fourchette ICI

AU DESSERT : « L’édition participative à la sauce Brezza »

Ululez vite pour Brezza...

Connaissez-vous la plateforme Ulule.com ? Non ce n’est pas le site encyclopédique sur la reproduction des chouettes mais c’est fait pour résonner dans la forêt numérique.

C’est un site web qui permet à un projet créatif, artistique ou innovant de trouver les fonds qui lui feront voir le jour, et ce grâce aux multiples petits soutiens financiers des internautes. Si l’argent nécessaire n’est pas récolté dans le temps imparti, les gentils donateurs sont remboursés. S’il sort de terre, ils reçoivent la contrepartie prévue au départ : des albums de BD dédicacés par exemple !

Parmi les projets actuels, je connais bien les auteurs d’un album BD qui mérite de voler de ses propres pages. Il nous fait rencontrer une fille bien… de son temps : Brezza. Une tranche de vie d’une page… et c’est notre drôle de vie qui se reflète dans le miroir de Brezza, avec nos super-doutes et nos mini-culpabilités. Brezza, c’est un peu ma copine alors je lui donne un coup de pouce.

Il reste 11 jours pour soutenir le projet déjà financé à près de 50 % et les dons peuvent aller de 5 à 70 euros.  Si vous aussi, vous voulez montrer fièrement l’album dédicacé que vous aurez soutenu avec vos petits sous, c’est par ici pour faire le micro-éditeur… Bien sûr, si vous souhaitez faire passer l’info, c’est trop… chouette !