Détartrage obligatoire

affiche Fnac septembre 2017, souriez, c'est la rentréeS’il est de bon ton de claironner « Vivement les vacances ! », il est tout aussi logique de souligner l’effort résigné que nous faisons pour reprendre le chemin du labeur. La vérité toute crue, c’est qu’il n’est pas tenable de s’épanouir 5 semaines par an seulement… en passant les 47 autres à gagner de quoi repartir.

Faites un effort, pas la gueule.

Heureusement, la Fnac, grande pourvoyeuse de distractions en tous genres, sait nous remonter le moral dans ces moments difficiles. Puisque nous savons que ce retour à la dure réalité est inéluctable, sourions à la rentrée et à ce que ce nouveau cycle saura nous apporter. Nouveaux défis, nouvelles découvertes, nouveaux succès… : voilà ce qui nous attend et puisque «quand on veut, on peut… », il suffit de sourire un bon coup pour repartir du bon pied. L’image qui nous est présentée souligne qu’il vaut mieux avoir de belles dents et une carnation qui en fasse ressortir la blancheur. Si vous n’avez pas une dentition parfaite à offrir à la vue de vos semblables et si vous trouvez cette pression positive un peu culpabilisante, tentez une autre approche…

Le sourire stoïque, qui ne connaît pas la panique.

Marc-Aurèle, empereur romain et philosophe, nous a livré l’essence de la sagesse stoïcienne dans une vraie astuce de coach. Elle se résume dans une prière : « Donne-moi la force d’accepter ce que je ne peux pas changer, la volonté de changer ce que je peux changer, et la sagesse de savoir distinguer les deux. ». Voilà une distinction qui a changé la vision de nombreux managers et qui peut être utile face aux échecs et réussites à venir. La rentrée est là et vous ne pouvez rien y changer. Si vous vous lamentez sur ce qui n’est pas en votre pouvoir, vous n’avez plus assez de force pour « performer » là où vous le pouvez vraiment.

Sourire en faisant tout cela sera bien sûr un atout auto-persuasif. Si vous n’y arrivez décidément pas, seul Confucius peut vous aider. Avant de créer son cabinet de recrutement, il aurait en effet asséné : « Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie. »

 

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On ne peut que surfer…

« Retenez-moi ou j’irai ailleurs… » : c’est le cri du client volage qu’il faut absolument fidéliser au risque de le voir se dévergonder chez un concurrent. Alors, on lui propose une belle carte de fidélité, un peu comme une bague au doigt et on fait un peu d’hypnose, avec le Te Deum de Charpentier en fond sonore.

C’est effectivement à sa carte de fidélité que se raccroche la Fnac… comme sur un polder quand la mer monte. Belle enseigne agitatrice depuis 1954…, la voici qui mise tout sur la carte du parti. Je fais bien sûr référence aux affiches de sa dernière campagne, que vous avez pu voir fleurir avec cette signature en bas : « Fnac. On ne peut qu’adhérer ».

Qu’est-ce qu’elle me dit cette phrase ?

Elle me dit qu’il n’y a qu’un choix possible : « adhérer », c’est un verbe lourd de sens qui veut dire à la fois « signer là et être définitivement d’accord ». Un seul choix possible dans ce monde où pourtant tout est librement à portée de clic ? Elle me dit qu’il n’y a même pas à réfléchir parce que c’est « on » qui l’a dit… et que tout autre choix serait absurde. Elle me dit aussi que si je vais à la Fnac sans être adhérent, c’est que je suis vraiment une cruche à roulettes… ah oui ?

Personnellement, j’ai du mal à adhérer à cette signature de marque, car je la trouve assez décalée par rapport à la vague socio-culturelle qui se lève depuis maintenant un moment et qui va de toute façon dans l’autre sens : zapper, chercher, « réseauter », comparer, être sur la brèche, chercher le bon plan… Et pourquoi une telle bougeotte, me direz-vous ? Parce que dans ce monde consumériste où tout va toujours plus vite, rien ne se fige, rien ne dure, tout change en permanence. Nier cette évidence et vouloir retenir le monde d’hier ne ressemble-t-il pas à de l’auto-persuasion un peu vaine ?

Si j’avais vraiment envie d’adhérer comme ça, sans avoir la liberté de mes mouvements, je me serais réincarnée… en pneu !

Ce qui est sûr, c’est que cette promesse de fil à la patte est en contradiction totale avec le livre visionnaire de Joël de Rosnay que je suis en train de dévorer : « Surfer la vie –Comment sur-vivre dans la société fluide ». Et ça a autrement du souffle…

Et vous, vous adhérez en attendant que ça se passe ou vous surfez pour vous adapter ?

>Avant de donner votre réponse, vous pouvez aller relire un ancien article du blog : « J’ai refait la Fnac » (non ce n’est pas de l’acharnement, malgré les apparences…)

J’ai refait la Fnac.

De la fnac d’hier à celle de demain ?

J’étais en train de lire sur ma liseuse Cybook (si, si Cybook… et pas Ki Ki Kindle). Donc j’étais en train de lire avec des yeux en mode « batterie faible » et j’ai piqué du nez (sans laisser choir sur le sol dur la précieuse liseuse, on n’est pas des sauvages…)… et là, dans les bras de SuperMorphée, je me retrouve à la Fnac dans un futur proche. Mais ça ne ressemble pas à la Fnac. La vieille dame agitatrice a finalement renoncé à vendre du petit électroménager. Une fois de plus, trop de concurrence pour les machines à café, dans le e-commerce comme dans les enseignes « physiques ». Non, ils ont finalement eu un flash. La Fnac est devenue un lieu de vie autour des loisirs culturels : le Forum des Nouvelles Affinités Culturelles. Dans chaque Fnac, il y a, plusieurs fois par semaine, un concert gratuit dans le « magasin », avec des pépites locales ou des têtes d’affiches. Les clients peuvent rencontrer les musiciens et télécharger sur place leur album, directement sur leur smartphone-wallet ou leurs tablettes synchronisées*. A l’autre bout, c’est l’heure du forum de lecture : on s’inscrit pour venir présenter son livre adoré du moment… aux côtés de l’écrivain invité, venu lui aussi pour présenter son dernier bébé. Tout est retransmis en direct sur le réseau vidéo de la Fnac… Oui, car la Fnac est devenu un bar à culture : des petites tables rondes où on peut s’installer entre amis ou s’en faire de nouveaux, avec des écrans de découverte où l’on peut télécharger MP3, livres ou films… On peut aussi y regarder en direct l’un des 52 concerts qui ont lieu dans les autres Fnac de France… ou suivre les forums de lecture en direct, toujours sur ce fameux intranet Fnac, qui n’est visible que sur place. Comme les livres de cuisine ont toujours autant de succès, il y a toujours de bonnes odeurs : un des espaces a été transformé en atelier de cuisine. Tous les apprentis-cuisiniers repartent avec 1 ou 2 livres et sa part de canard aux olives préparée sur place avec ses petits doigts boudinés. Les parents aussi adorent venir ici, car à l’entrée il n’y a pas une piscine de balles en plastique mais une halte-médiathèque pour ces bichounets, avec des animatrices trop trop imaginatives.

Oui, la Fnac a eu un flash, car si les théâtres sont encore pleins, si les cinémas ne se sont pas vidés malgré la VOD… ça tient à la force de « l’expérientiel » : le live, la rencontre, l’échange et la saveur irremplaçable d’une sortie ludique avec lesquels aucun site de vente en ligne ne pourra rivaliser. L’internet a simplifié le shopping. La vraie vie n’a plus qu’à revenir dans la boutique, constamment en 3D réalité garantie, source constante de nouveautés, de sérendipité et de surprises en tous genres, entre vrais gens. Mais je me suis réveillée… et j’ai téléchargé un autre bouquin sur Internet.

Et vous, vous le voyez comment votre prochain mégastore de la culture vivante ?

*oui j’applique la règle de proximité pour l’accord en genre…>voir le post «  Les accords sont faits pour nous rapprocher »

Lien ajouté le 11 juin 2013 :

Comment Relay va innover dans ses kiosques avec le « bar numérique »…