Une année défunte, une de retrouvée.

visite du Père Lachaise
Que l’année 2013 repose en paix.
Crédit photo : @cekabd sur Instagram

Voici donc mon dernier billet de 2013. A l’heure où une joie scintillante et vaine a envahi depuis plus de 15 jours toutes les rues, alors que les papiers-cadeaux ont fini froissés au fond d’une poubelle et que les cartes bancaires sont essoufflées, l’année 2013 va pousser son dernier soupir. Bêtisiers consternants, palmarès des personnalités de l’année et revues de presse mélancoliques sont à l’ordre du jour… mais personne ne se recueille vraiment sur le cercueil entrouvert de cette quasi-défunte année. N’est-ce pas injuste et inconsidéré ? Ne doit-on pas déposer une gerbe sur la tombe de celle que nous avons la chance de voir finir ? En fait, je n’aurais pas penser à tout cela si nous n’avions pas visité en ce 29 décembre le cimetière du Père Lachaise en compagnie d’un guide exceptionnel :  Bertrand Beyern, conférencier, écrivain et « nécrosophe » incontournable. Plus de 3 heures de visites sous un miraculeux soleil d’hiver et sur le thème « Humour noir au Père Lachaise ». Un véritable must, tant les talents de conteur, les réflexions philosophiques et les connaissances de cet expert valent le détour dans cette nécropole escarpée. Si vous n’avez pas pu finir l’année en beauté dans les allées du cimetière le plus visité, vous pourrez aisément vous rattraper en 2014 : je vous donne le lien vers son site et son programme en fin d’article. Que cela ne vous force tout de même pas à sortir une jolie chrysanthème sur la table du réveillon, c’est trop… et il faut toujours s’assurer de l’humour noir de ses compagnons de fête avant de tenter des choses aussi décalées.

Toutes les bonnes choses ayant une fin, je vais devoir vous quitter, mais non sans vous encourager à écouter la dernière chronique de Gilles Vervisch (4 mn à peine), philosophe-chroniqueur sur la radio Le Mouv’ qui nous fait réfléchir sur l’art de tirer sa révérence en posant la question « Est-ce que c’est triste une fin ? ». Une question qui traverse toute la philosophie, car comme nous le rappelle Montaigne : « Philosopher, c’est apprendre à mourir ». L’occasion aussi de rappeler que la fin de n’importe quoi, c’est toujours le début d’autre chose… et que la vie continue toujours sous une forme « atomique » différente. Oui, car indubitablement Armand, « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme… » et c’est bien ce qui pique notre orgueil de mortel.

Ce billet prend son pied à être en contre-pied total avec l’ambiance hautement festive du 31…  c’est pour mieux vous souhaiter une belle année 2014. Qu’elle vous réserve autant de fous rires que de balades inspirées dans les plus beaux cimetières : il faut de tout pour faire une vie et savoir se souvenir avec humour de ce qui lui donne du sens.

Rebonds :

>le site de Bertrand Beyern, avec ses visites guidées et sa  bibliographie ainsi qu’une vidéo-interview du nécrosophe

>le podcast à écouter en ligne de la chronique « Est-ce que c’est triste une fin ?  » de Gilles Vervisch

>mon billet sur les épitaphes du XXIème siècle

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Quelques grammes de philo dans un monde de pub…

Quelques grammes de philo dans un monde de pub Gilles Vervisch Pour ceux qui sont nés avant 19XX, ce détournement est celui du fameux slogan chocolatier « Quelques grammes de finesse dans un monde de brutes »… et ce détournement est le titre du dernier livre de Gilles Vervisch, agrégé de philosophie et « passeur » de sagesse sur l’antenne de la radio Le Mouv’ à une heure où toutes les questions existentielles refont surface : 7 h 32. Oui, Monsieur Vervisch a le don de faire descendre la philo dans la vraie vie… et également le don du titre. Mon premier déclic face à son œuvre s’est produit sur une couverture de livre qui portait celui-ci : « Comment ai-je pu croire au Père Noël ?». Un peu fâchée avec la conduite, j’ai ensuite beaucoup souri à la lecture de « Tais-toi et double ». Et lorsque je lui fis dédicacer « De la tête aux pieds » pour un passionné de football, il me confia qu’il réfléchissait à un projet d’ouvrage sur la communication. Philo promise, philo due… voici que l’opus est sur les étals. En tant que publicitaire, j’ai ouvert le livre comme une tablette de chocolat… Lire la suite « Quelques grammes de philo dans un monde de pub… »