Comment tenir ses bonnes résolutions ? (acte 2019)

« Mes bonnes résolutions » - 100 résolutions que vous allez tenir en 2019 Florence Cathala – Librio. Après avoir évité toutes les embûches de Noël, les sujets qui fâchent en plein chapon aux morilles et les cadeaux les plus moches immortalisés sur Instagram, vous voilà au seuil d’une nouvelle année. Excitation. Vous avez renoncé aux horoscopes pour nymphettes et aux voyantes pour désespérés pas si désespérés que cela. C’est décidé, le destin ne s’écrira pas malgré vous : vous le sculpterez au burin de votre propre volonté. Bref, vous allez vous reprendre en main avec une belle liste de bonnes résolutions. Je vous félicite. C’est grâce à des gens comme vous que le monde avance, grâce à des gens bien décidés à ne pas gober les jours en mode lymphatique. Ferez-vous preuve d’originalité par rapport à vos congénères ou par rapport à l’année dernière ? Mettons-nous en mode offensif, s’il vous plaît.

L’important, c’est le bon départ, la détermination et l’équipement

… et comme sur un 100 mètres, il n’y a pas un quart de seconde à perdre. Après avoir étudié la question avec de nombreux scientifiques de la NASA, du CERN et du CNRS, on peut vous donner les premiers conseils, accompagnés du kit spécial « bonnes résolutions » :

-un marque-page vierge et/ou de multiples pense-bêtes, pour y inscrire votre mission,

-un journal personnel pour vous fixer des objectifs hebdomadaires,

-la stratégie japonaise des petits pas (le kaizen),

-un livre qui tombe à pic pour vous donner avec humour de nouvelles idées : « Mes bonnes résolutions » – 100 résolutions que vous allez tenir en 2019 par Florence Cathala – Editions Librio.

En fonction de la nature de vos bonnes résolutions, vous pouvez bien sûr vous équiper de toutes les béquilles numériques que vous voudrez : les applis de coaching personnel ont fleuri avec bonheur pour mieux remplacer la petite voix intérieure vite inaudible quand la motivation décroit. Comme vous pouvez le constater, on n’est pas ici pour faire semblant, entre le 1er et le 5 janvier seulement. Non mais. Au boulot… Lire la suite

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Le Brio, c’est d’avoir raison avec Schopenhauer.

Avoir raison avec Schopenhauer Guillaume Prigent LibrioDans le dernier film d’Yvan Attal intitulé LE BRIO, le professeur d’éloquence campé par Daniel Auteuil fait référence à un « manuel » incontournable de l’art rhétorique : L’art d’avoir toujours raison, de Arthur Schopenhauer. Ce livre de chevet des apprentis en joute oratoire contient 38 stratagèmes pour emberlificoter son monde. Intrigué(e) hein ?

Pour les divas du prétoire, mais pas que…

Dans le film LE BRIO que je vous conseille d’aller visionner dans une salle obscure, Daniel Auteuil est professeur d’art oratoire à l’université Panthéon II Assas. Il règne sur un amphi rempli d’étudiants et d’étudiantes en droit qui pourraient finir au barreau. Parmi eux, Camélia Jordana interprète une étudiante qui se distingue dès le premier cours… en arrivant en retard. En toile de fond, les difficultés d’une jeune fille qui vient de la cité comme on dit et qui porte un nom d’origine maghrébine, face à un professeur brillant mais qui s’attire la disgrâce de toute la fac par un comportement en rien « bien-pensant ». Il devient le coach de la retardataire, l’improbable future championne d’éloquence qui représentera Assas, et la met en garde d’emblée : rien à voir avec la quête de la vérité, il s’agit simplement de convaincre… L’art d’avoir toujours raison, c’est de la rhétorique, pas de la morale scientifique au service du vrai.  Son bréviaire absolu : le livre des 38 stratagèmes de Schopenhauer, philosophe allemand du XIXe S, reconnu aussi pour sa vision un brin pessimiste de la condition humaine.

Merci qui ? Merci Guillaume Prigent.

Là où nous avons de la chance, c’est que Guillaume Prigent, professeur d’art oratoire à l’université Paris-Nanterre et juré de concours d’éloquence, nous rend le bréviaire du maître plus accessible avec son livre publié début novembre : « Avoir raison avec Schopenhauer » (Librio). Il y commente chacun de ces stratagèmes accompagnés de leur parade et les illustre avec des exemples très récents, aussi bien tirés d’émissions de télévision polémiques que de débats politiques. C’est tout simplement passionnant, chers amis du verbe. Connaissez-vous la rétorsion, qui consiste à retourner l’argument de l’adversaire contre lui ? L’extension, pour interpréter l’affirmation adverse le plus largement possible pour la discréditer ? L’exception de derrière les fagots pour prouver aux oreilles crédules que l’ensemble de la théorie de l’adversaire est caduque ? Plonger dans le manuel d’éloquence de Guillaume Prigent donne l’impression de voir un peu mieux la trame de certains débats survoltés. Certains ont appris à manier ces effets. D’autres sont peut-être des Monsieur Jourdain de la conviction. En tout cas, nous cernons plus précisément notre fragilité intellectuelle face aux plus talentueux des tribuns. Ce n’est pas pour nous rassurer, mais il faut avoir le courage de soulever le voile et de saisir une chance d’être un peu moins naïfs… C’est en cela que Guillaume Prigent qualifie lui-même son livre de « manuel d’auto-défense intellectuel ». Un nouveau moyen de décrypter le débat pour gagner en esprit critique. N’hésitez pas : il ne vous en coûtera que 3 €. Cela peut être très vite amorti à la première engueulade.

« La Petite Histoire » : anecdotes dans le bon ordre.

La Petite Histoire Didier Chirat LibrioLe saviez-vous ? Il paraît qu’à l’Éducation Nationale, le Dieu Cronos a du mou dans sa flèche. L’enseignement chronologique de l’Histoire serait doucement remplacé par une approche « thématique ». Un inspecteur académique a expliqué à une amie enseignante qu’il ne fallait plus aborder les sujets de façon chronologique, même en Histoire des Arts, car, devinez quoi… la jeune génération n’intègrerait pas cette notion ! Consternation, mon cher Gaston. Colère de mère, mon cher Clotaire. On a dû mettre quelque chose dans les biberons qui leur a bousillé la zone de la chronologie. Donc on se retrouve si j’ai bien compris avec des briques thématiques qui flottent dans le passé… et que les gentils crétins de la génération Z pourront, s’ils ont de la chance, remettre dans l’ordre avec des parents cultivés qui les emmènent au musée ? On va encore dire que je ne fais pas d’effort, alors que c’est pourtant évident. Ils ont du mal avec la chronologie ? On n’a qu’à faire comme s’il n’y en avait plus. Ils ont du mal avec l’orthographe ? Et hop, on dit qu’on s’en fiche… jusqu’à la première lettre de motivation à rédiger pour trouver un job. Quoi encore ? Ils n’arrivent pas à tenir la porte à la personne suivante dans le métro ? Pas grave, on va mettre des portes qui s’ouvrent toutes seules. Ok. Ok. Je me calme. Alors forcément, je dois vous le dire : quand j’ai ouvert le livre de Didier Chirat « LA PETITE HISTOIRE – 20 moments méconnus mais décisifs de l’histoire du monde », j’ai poussé un petit ouf de soulagement. Le premier chapitre qui concerne la défaite de Xerxès 1er, le roi des Perses, est bien placé avant le fantôme d’Ann Boleyn : les chapitres sont classés gentiment… dans le sens de l’Histoire. Lire la suite