Un coyote pour chacun, tous pour mon coyote.

avertisseur Coyote, affiche juillet 2017, radars, légalité, HobbesVous larguez la routine pour la route des vacances ? Dans ce monde automobilistique très balisé, la technologie vous permet quand même de déjouer d’indésirables pièges. Une technologie que la campagne de l’avertisseur Coyote a choisi de cacher derrière son animal totem. Même si vous pensez disposer d’un ange gardien, ce coyote est assurément l’animal embarqué le plus utile pour signaler les radars…

Bienvenue dans la « meute ».

Cet outil… pardon, ce rusé compagnon à poil brillant, indique en réalité les « zones dangereuses », car il est illégal d’indiquer l’emplacement exact d’un radar. En accédant à cette technologie, le conducteur solitaire rejoint néanmoins avec intérêt une communauté d’utilisateurs connectés, appelée… « meute ». Chaque conducteur se connectant à cette intelligence collective pour signaler la présence d’un « danger », c’est même toute la « meute » qui veille sur chaque conducteur… et non un seul coyote. Que de sollicitude. On peut alors s’interroger sur ce regard vert un brin menaçant au centre de l’affiche : en guise de protecteur bienveillant, ne suis-je pas plutôt face à une espèce de Leviathan omniscient et scrutateur ? Paradoxal…

C’est là où Hobbes sort de sa tanière.

Au XVIIe S., l’anglais Hobbes marqua la philosophie en considérant que la prétendue sociabilité de l’être humain s’était simplement installée à cause de sa crainte de la mort violente dans un chaos sans foi, ni lois. Abdiquer sa sauvage liberté contre une entrave juridique protectrice, ce serait le vrai deal de la vie en société. Au XXIè S., on ne voit plus les choses avec le même écran : l’homme n’est pas un loup pour l’homme, mais chaque conducteur est un coyote pour chaque conducteur… de façon à s’affranchir autant que possible des limitations désagréables de l’État. Serait-ce le nouveau filon de l’économie collaborative, même s’il faut pour cela rester connecté sous des regards plus ou moins inquisiteurs ?

En attendant la réponse, précisons que le coyote à poils ne pouvant atteindre qu’une vitesse de 60 km/h, nous espérons que vous rejoindrez votre lieu de villégiature un peu plus rapidement…

REBONDS

Oups, révisons notre Hobbes

Et hop, ouvrons le capot du Coyote

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Parlez-vous l’esprit d’enfance ?

Esprit d'enfance, Roger-Pol Droit, Odile Jacob

Je vous présente mon véritable ours en peluche. Il n’a pas tout lu.

L’école est bientôt finie, mais l’esprit d’enfance toujours lui survit. Parfois, nous avons même tout intérêt à y puiser pour avancer dans notre vie d’adulte. Mais comment le retrouver ? Dans son tout dernier livre Esprit d’enfance, Roger-Pol Droit nous prend presque par la main pour ouvrir la malle du grenier… À propos de l’enfance, l’Histoire oscille, comme sur une balançoire : d’un côté, la relégation à l’ancienne d’une humanité en devenir qui ne doit pas parler à table ; de l’autre, le culte de l’enfant roi, génialement innocent et surtout « pourri-gâté ». On n’hésite pas non plus à dire que « la vérité sort de la bouche des enfants »… alors que ce dicton contredit d’emblée l’étymologie du mot enfant, qui vient du latin infans et qui veut justement dire « qui ne parle pas, qui n’a pas accès au langage ». On ne sait plus qui croire, je vous le dis.

L’esprit d’enfance n’est pas ce que vous croyez.

Au moins, avec Roger-Pol Droit, on déchire les belles images pour partir à la découverte de quelque chose de bien moins cliché et qui concerne tout autant les adultes. Pas de puérilité, ni d’enfantillage. Il est ici question de s’entraîner à replonger dans nos souvenirs et notre part enfouie d’enfance pour y retrouver cette distance étonnée qui nous rend plus vivants, de 7 à 107 ans. Oui, compte tenu de l’allongement de l’espérance de vie, il serait temps de remettre à jour certaines expressions… Lire la suite

Little Brother et Big Questions

Raphaël Enthoven, Little Brother, Gallimard, Philosophie, chroniques Où se cache Little Brother ? C’est bien la question que votre conscience devra sans cesse se poser après avoir refermé ce livre de Raphaël Enthoven, recueil de textes courts initialement parus dans Philosophie Magazine. Little Brother, donc ? Que cache la référence au 1984 de George Orwell, et au lavage de cerveau totalitaire de son Big Brother ? Lire la suite

Pouvons-nous tous être créatifs ?

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Quand on me demande ce que je fais dans la vie, je dis parfois « Je fais de mon mieux. »… mais je finis toujours par confier la vérité : je suis « créatif publicitaire ». Pour les interlocuteurs les plus éloignés de ce domaine d’activité, la question surgit rapidement : « Mais vous faites comment pour avoir des idées et être créatif tout le temps, pour ne pas sécher ? » J’explique que, comme pour beaucoup de choses, on fait travailler un muscle de plus en plus entraîné… et on ne s’autorise pas à ne pas trouver. « Pouvons-nous tous être créatifs ? » Bizarrement, je crois que je ne m’étais jamais vraiment posé la question en ces termes. Le philosophe Charles Pépin l’a mise au programme de son cycle Lundi Philo, ce lundi 9 mai de l’an de grâce 2016, au cinéma MK2 Odéon, devant une salle aussi comble que remplie de questions… Vous pensez bien que j’y étais.

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Philosophie Magazine : cure de ré-intoxication

Philosophie Magazine Paris Philo ParigrammeChacun ses défauts : je ne fume pas. Même pas de cigarettes en chocolat. Mais je fume des concepts philosophiques. Oui, je crois que je suis devenue dépendante de la philo. En même temps, mes alvéoles pulmonaires ne se plaignent jamais d’une taffe de Bergson ou d’un paquet de Spinoza sans filtre.

Toute forme de dépendance peut poser question, mais finalement, nous sommes fondamentalement dépendants : de l’air que nous respirons, de l’eau qui nous manque mortellement au bout de 4 jours, de ceux que nous aimons, de nos aversions comme de nos passions, du réseau électrique, de la fiabilité des freins de notre auto… Dépendants sans que cela puisse devenir une excuse permanente, c’est-à-dire dépendants et pourtant responsables. Parfois, on n’admet sa dépendance qu’après avoir expérimenté le manque. C’est logique. Donc, après plusieurs années de lecture de Philosophie Magazine, j’ai décidé de ne pas renouveler mon abonnement. Pourquoi ? Je ne le sais pas exactement moi-même, car nous sommes loin d’être aussi rationnels que l’idéologie contemporaine de la maîtrise chiffrée voudrait nous le faire croire. Je n’avais pas de reproche à faire à cette publication : je me lançais sans doute inconsciemment un défi… Lire la suite

Charles Pépin nous fait revivre

Allez, on se la refait cette vie ?

Allez, on se la refait cette vie ?

Il y a des expressions qui sont de véritables pièges à poncifs, posés là par je ne sais quel inconscient collectif… « Refaire sa vie » en fait partie. Lorsque j’ai vu que le philosophe Charles Pépin en faisait le sujet d’un de ses lundis-philo au cinéma MK2 Hautefeuille à Paris, j’ai donc réservé un aller simple pour « Peut-on vraiment refaire sa vie ? ».

Véhément contre les vessies qu’on voudrait nous faire prendre pour des lanternes, Monsieur Pépin remet les pendules à l’heure. Franchement, n’en déplaise à ceux qui se raccrochent au cycle des réincarnations, la vie est précisément ce qu’on ne refait pas et c’est justement ce qui lui donne son prix… Alors, on refait quoi ? Lire la suite