L’intelligence artificielle, on peut en mettre partout.

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L’intelligence artificielle, elle entre dans nos vies et donc dans la pub…

À cette heure bien tardive, il fait encore 30° C à l’extérieur, fin juin, au Nord de la Seine. Mes circuits sont un peu en surchauffe et je me demande si je ne résisterais pas mieux à tout cela une fois transformée en androïde, avec climatiseur 3.0 intégré. Nous sommes humains, trop humains et particulièrement sensibles à notre environnement. Nous en prenons cruellement conscience alors que le XXIe S. voit émerger toutes sortes d’assistants informatiques, d’applications bienveillantes et d’objets connectés et surdoués… tant qu’ils sont alimentés en énergie électrique. Emploi, santé, éthique, défense… : l’intelligence artificielle s’invite dans la plupart des débats. L’algorithme et le robot émergent donc aussi dans l’imaginaire publicitaire. Terminator ou C3PO ? Peut-être rien de tout ça… ou les deux à la fois. Pour nous y retrouver, j’ai semé des cailloux-liens dans le texte qui suit…

Vous avez dit « intelligence » ? Comme c’est artificiel…

Elles calculent bien plus vite que nous, modélisent à merveille, supprimeront à terme tous les emplois de comptables ou de taxis. Ce sont les intelligences artificielles (IA). Oui, artificielles, car nous les avons créées de toutes pièces, en inventant les mathématiques puis l’informatique. Mais, n’est-il pas primordial à ce stade d’interroger ce qu’on entend exactement par « intelligence(s) » : la naturelle et l’artificielle. Une définition indispensable avant de cerner les frontières entre ce que nous pouvons déléguer aux IA et ce que l’on peut encore espérer conserver, nous les vrais humains, comme chasse gardée. Je vous conseille donc en préambule de vous plonger dans ce tour du propriétaire de l’intelligence tout court, signé Yann Gourvennec : caillou-lien.

Techno-béat ou techno-cassandre ?

C’était un bon début avant de rappeler que des esprits brillants ont déjà émis des doutes sérieux sur le danger du développement naïf d’intelligences artificielles. C’est l’avis de Stephen Hawking ou même de Bill Gates : caillou-lien. C’est vrai cela : elles pourraient finir par comprendre que la Terre se porterait beaucoup mieux sans les humains et par faire sauter les pauvres verrous de sécurité que ces derniers leur ont collés.

A contrario, les transhumanistes de la Silicon Valley s’imaginent déjà vivre éternellement grâce à leur pacte faustien avec les biotechnologies et l’IA. On appelle même ça la singularité et de richissimes humains seraient bien sûr prêts à en être. Mais comme d’habitude, entre l’angoisse et l’utopie, la vérité est peut-être ailleurs : en tout cas, c’est ce que nous expliquait récemment Jean-Gabriel Ganascia, professeur d’informatique et expert IA : caillou-lien.

Mouliner de la data, c’est pour vous les IA…

algorithme et recrutement Randstad intelligence artificielleQuels que soient les futurs effets secondaires de l’IA, on s’accorde, pour l’instant, sur le partage des tâches entre nous et elle. La campagne de la société d’intérim Randstad illustre bien la banalisation de la puissance de l’algorithme et de ce terme très technique qui rentre désormais dans le langage courant. L’intelligence artificielle est en train de rafler la mise lorsqu’il faut chercher une aiguille dans une boîte de foin : trouver quasi-instantanément l’info sur Internet, faire coïncider le profil de candidat et le poste ad hoc, trouver le bon itinéraire plus vite que tout le monde… analyser en somme une quantité de critères et de datas en un temps record pour répondre à un objectif précis. Comme je l’évoquais dans un billet précédent à propos de l’appli Jobijoba, le recrutement s’est déjà emparé de la puissance algorithmique… et ce sera peut-être un jour une bonne nouvelle pour faciliter le retour à l’emploi.

Son autre destin à l’intelligence artificielle, c’est de pister tous les signaux prédictifs et de faire du profilage pour détecter des événements à éviter… y compris les suicides : caillou-lien. Si cela vous rappelle Minority Report, c’est que vous avez décidément trop de culture. On touche bien sûr là du doigt une des pierres d’achoppement éthiques du Meilleur des Mondes sous intelligence artificielle. Mais ce n’est pas la seule. Les nouvelles générations d’intelligence artificielle sont capables d’apprendre par elles-mêmes pour progresser dans la pertinence du service rendu : c’est ce qu’on appelle le Machine Learning, et encore plus fort le Deep Learning. Apprendre c’est bien mais jusqu’où ? Au point de nous échapper ? Fin 2016, les chercheurs du programme Google Brain découvrent que deux IA ont réussi à créer dans leur coin un algorithme unique pour communiquer sans être comprises des autres intelligences… : caillou-lien.

…faire des trucs imprévisibles, c’est pour les humains.

TSF Jazz Campagne pub 2017 It's a human thingComme l’illustre la publicité TSF Jazz, l’humanité essaie néanmoins de se remonter le moral, en glorifiant des atouts indépassables liés à sa sensibilité et à un fonctionnement aléatoire et mystérieux du cerveau biologique. C’est une bouffée d’espoir narcissique et d’ailleurs les prospectivistes considèrent que les voies d’orientation les plus sûres pour nos bambins (en dehors de l’ingénierie informatique) sont celles qui font appel à la créativité artistique ou au relationnel humain pur qui réclame de l’empathie : caillou-lien. Créativité, peut-être. Néanmoins, une agence publicitaire a déjà testé pour Toyota la création publicitaire assistée par intelligence artificielle, pour sortir 1 000 slogans adaptés à 100 cibles différentes : caillou-lien.

De la pub peut-être mais pas touche à la littérature ? Plumitifs imbus de votre verbe, tremblez : d’autres grands voyants de la technologie voient les robots écrire de « vrais livres » dès 2049 : caillou-lien. L’écrivain Antoine Bello nous y a déjà fait croire assez aisément en 2016 dans son roman ADA, dont je conseille vivement la lecture.

Je vous le dis tout net : cela va devenir compliqué. On aura peut-être un label bio du type « 100 % écrit par un auteur humain ». Vous-même, êtes-vous bien sûr que c’est Anne DEBRIENNE en chair et en os qui a écrit ce que vous venez de lire ? Je vous laisse à votre perplexité pour recharger ma batterie et remettre mes circuits imprimés au frais.

REBONDS

Vous pensiez vous rendormir tranquille ? Laurent Alexandre va vous mettre un brin la pression :

Pouvons-nous tous être créatifs ?

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CC0 pexels.com

Quand on me demande ce que je fais dans la vie, je dis parfois « Je fais de mon mieux. »… mais je finis toujours par confier la vérité : je suis « créatif publicitaire ». Pour les interlocuteurs les plus éloignés de ce domaine d’activité, la question surgit rapidement : « Mais vous faites comment pour avoir des idées et être créatif tout le temps, pour ne pas sécher ? » J’explique que, comme pour beaucoup de choses, on fait travailler un muscle de plus en plus entraîné… et on ne s’autorise pas à ne pas trouver. « Pouvons-nous tous être créatifs ? » Bizarrement, je crois que je ne m’étais jamais vraiment posé la question en ces termes. Le philosophe Charles Pépin l’a mise au programme de son cycle Lundi Philo, ce lundi 9 mai de l’an de grâce 2016, au cinéma MK2 Odéon, devant une salle aussi comble que remplie de questions… Vous pensez bien que j’y étais.

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Je vous fais un dessin ?

A l’heure où l’image animée occupe mobiles, tablettes et ordinateurs aussi largement et sans doute plus compulsivement que le vieil écran de télévision, la rétine pourrait-elle se lasser ? Elle fait du foie gras de pixels toute la journée… et pour en rajouter une couche, elle adore prendre des photos à tous les coins de rue pour les partager avec la planète sur Picpic&stagram ou Face de Bouc. Plus ou moins réalistes, plus ou moins retouchées, plus ou moins en 3D, plus ou moins allumées, plus ou moins léchées, avec ou sans filtre… la photo et sa copine la vidéo sont partout.

Et si c’était pour ça, que, dans notre paysage urbain, on revoyait fleurir en même temps des campagnes publicitaires dignes d’affichistes, avec… des dessins ! Du beau travail d’illustrateur, qui va du pictogramme signalétique de maestro au calligramme qui donne soif… histoire peut-être de se distinguer dans ce flot quotidien d’images photo-vidéo.

Balade où on trouve à boire et à manger :

salvetat affiche été 2014Salvetat nous la joue très frais et très ensoleillé à la fois, recentré sur la bouteille à la façon d’une réclame, avec en prime un travail de la typographie remarquable. L’œil pétille autant que cette boisson en croisant cette affiche.

campagne RICARD 2014L’eau c’est sympa, mais vous aviez une envie de pétanque pour dégommer de la cigale. Votre œil est intrigué par ces calligrammes à l’anis de la plus belle facture pour la marque RICARD. On voit étonnamment bien la marque dans ce fatras de lettres… qui pourrait orner un mur peint. Présence à l’esprit, force du code coloriel… et rebond ludique pour qui veut lire !

Tout cela vous a donné faim et vous croisez dans le hall de la gare de grands pictogrammes façon pochoir qui, comble de la simplicité et de l’impact, n’ont même pas besoin d’être signés McDonald’s pour être attribués au roi du BigMac et autres hamburgers controversés. Quand on en est là, le réflexe pavlovien peut-il remplacer n’importe quel argumentaire ?

campagne pictogrammes mcdonald'sLe propre de l’illustration publicitaire, mais aussi son défi permanent, c’est de provoquer un choc de nouveauté en imposant son style. Si prendre une trop bonne photo qui fait le buzz paraît à tort de plus en plus à la portée de tout le monde, réussir une illustration talentueuse, parlante et attachante relève encore de la « magie » et renouvelle l’émerveillement. Cela me fait tout à coup penser à l’expression « Il s’est illustré par… » qui veut justement souligner la singularité qui rend fameux. La racine latine illustris signifie « éclairé, mis en lumière ». Que la lumière éclaire aussi brillamment et pour longtemps le talent des illustrateurs…

Merci à @VeroniqueRoyne, vigie des médias et des tendances, qui m’a inspiré ce vrai billet lors d’une de nos discussions « face to face », dans une vraie rue.

Quelques grammes de philo dans un monde de pub…

Quelques grammes de philo dans un monde de pub Gilles Vervisch Pour ceux qui sont nés avant 19XX, ce détournement est celui du fameux slogan chocolatier « Quelques grammes de finesse dans un monde de brutes »… et ce détournement est le titre du dernier livre de Gilles Vervisch, agrégé de philosophie et « passeur » de sagesse sur l’antenne de la radio Le Mouv’ à une heure où toutes les questions existentielles refont surface : 7 h 32. Oui, Monsieur Vervisch a le don de faire descendre la philo dans la vraie vie… et également le don du titre. Mon premier déclic face à son œuvre s’est produit sur une couverture de livre qui portait celui-ci : « Comment ai-je pu croire au Père Noël ?». Un peu fâchée avec la conduite, j’ai ensuite beaucoup souri à la lecture de « Tais-toi et double ». Et lorsque je lui fis dédicacer « De la tête aux pieds » pour un passionné de football, il me confia qu’il réfléchissait à un projet d’ouvrage sur la communication. Philo promise, philo due… voici que l’opus est sur les étals. En tant que publicitaire, j’ai ouvert le livre comme une tablette de chocolat… Lire la suite