Perfect Beauty


Illustration originale de Alex Formika – Tous droits réservés

Saviez-vous que notre visage à tous est asymétrique ? Un montage photo vous montrera sans peine que la partie gauche n’est pas tout à fait identique à la partie droite ! Sans cette « imperfection», l’expression de notre faciès ne serait pas la même… au point d’être légèrement inquiétante.

Entre nous et en toute franchise, vivre dans un laboratoire aseptisé ou découvrir avec horreur que votre mari est aussi irréprochable qu’un cybernaute, c’est le cauchemar assuré. Les perfectionnistes sont aussi et surtout des malheureux chroniques : leurs progrès ne leur apparaissent que comme des demi-échecs et la vie n’est jamais assez belle pour eux. On serait tellement plus tranquille s’ils comprenaient enfin que leur quête est vaine et leur idéal peu souhaitable. Que cette ride, là au coin de l’œil, leur va à ravir et que cette maison à colombages pas droite du tout, c’est justement celle qu’on préfère. Alors, de grâce, arrêtez de dire à vos enfants qu’il faut que ce soit parfait ! Rappelez-leur simplement que s’ils ont la sensation de faire tout ce qu’ils peuvent, ils feront toujours tout ce qu’ils doivent. Ils ne deviendront pas des perfectionnistes compulsifs mais des « optimiseurs » lucides. Ils progresseront en leur âme et conscience, jugés par eux-mêmes, sans se ronger les ongles au fil d’une quête du Graal éreintante. Il parait que Napoléon aurait dit : « Si la perfection n’était pas chimérique, elle n’aurait pas tant de succès.» Alors, si la perfection est comme un horizon, ne soyons pas dupes. Tout comme l’horizon, on ne l’atteint jamais vraiment… on la garde en ligne de mire.

Le site du livre « C’était mieux demain« 

Derien Dutout

 

Illustration originale de Alex FormikaTous droits réservés

Nous venons au monde nus comme des vers et sans même avoir pensé à emporter une brosse à dents : quelle insouciante imprévoyance. Un peu de lait et la chaleur de notre mère… notre entrée en scène ne tient qu’à un fil. C’est après que ça se gâte. Petit à petit, notre espace vital demande toujours à être rempli. Rempli de quoi ? De cadeaux d’enfants sages qui amorcent notre machine à désirs, de preuves d’affection du cher et tendre, de signes de réussite… Il faut bien que notre action soit tangible, que notre trace soit brillante, que notre personnalité soit révélée. Petits poucets que nous sommes, tous ces objets sont peut-être comme les petits cailloux que nous semons pour ne pas nous perdre. Jetés dans la vie sans qu’on n’ait rien demandé, destinés à repartir les mains vides, nous faisons joyeusement diversion en multipliant les possessions. « Dis-moi ce que tu achètes et je te dirai qui tu es ». Lorsque j’achète des tomates bio ou un canapé Chesterfield, j’achète bien plus que cela. J’achète ce qui fait sens pour moi, car mes goûts et mes priorités ne sont pas celles de tout le monde mais les miennes.

Je vous vois feindre le détachement lucide et le pragmatisme éclairé, mais la publicité est pourtant là pour vous vendre du sens sans en avoir l’air, alors que vous pensiez simplement acheter un objet avec un prix. Ce week-end, grand vide-grenier : regardons autour de nous tout ce que nous possédons et tout ce qui nous possède : trions, jaugeons et retrouvons ce sens caché.

Le site du livre « C’était mieux demain »