Ce que nous cache le volet roulant…

Inconvénients du volet roulant

Le volet roulant est trop vilain en photo… j’ai mis son concurrent stylé.
Photo by Joacim Bohlander on Unsplash

Vous êtes plutôt persiennes ou volets roulants électriques ? Il y a comme ça des questions qui n’ont l’air de rien, mais qui en soulèvent beaucoup d’autres. Derrière le choix du volet roulant, tout un style de vie. Derrière celui du volet manuel en bois ou métal, toute une résistance. Allez, on appuie là où ça fait mal…

Sur ce sujet brûlant, il faut déjà que je me situe à vos yeux. Mon habitation est munie de persiennes métalliques, manipulées à l’huile de coude. Mais, il faut vous dire que j’ai déjà été confrontée indirectement aux effets secondaires du volet roulant électrique, au cours de réparations pénibles à gérer chez mes parents… et aussi à travers une anecdote de personnes enfermées chez elles, à cause d’une panne électrique. Je vous le dis donc tout net, sans pour autant fermer tout volet à la discussion : il y a un drame humain, écologique et urbanistique du volet roulant. Que des hôpitaux ou des résidences de personnes âgées s’équipent de ce système pour fermer tous les volets d’une unité en même temps, je pense qu’on est d’accord pour y voir un avantage majeur, compte tenu du minutage drastique de l’emploi du temps des soignants. Qu’en tant que particulier avec 8 fenêtres, on cède à la paresse en se privant de ces gestes d’ouverture et de fermeture quotidiens hautement symboliques… c’est une faiblesse dont on mesure mal les conséquences anthropologiques au moment de signer le devis. Réquisitoire en 4 points s’il vous plaît…

1• Le volet roulant est laid.
C’est une paupière sans expression, d’une monotonie confondante de façades en façades. Le volet roulant laisse nos fenêtres sans aucune compagnie stylistique intéressante. Ça ne peut pas rivaliser avec le charme décoratif du volet en bois ou la touche de couleur verticale apportée par la persienne en métal. Des habitants ingrats et irresponsables n’hésitent pas à défigurer des façades anciennes en « passant au roulant ». On les retrouve ensuite dans les files d’attente des Journées du Patrimoine : allez comprendre.
2• Le volet roulant est un désastre écologique.
Non seulement, il est souvent en plastique (pardon, en PVC) ou en alu, deux matériaux dont je ne vais pas vous faire l’affront de ressortir le casier judiciaire, mais de surcroît, et c’est sa caractéristique majeure, il consomme de l’électricité… et ce, même en veille (je n’en reviens toujours pas). Produite comment ? Ça dépend si vous pédalez, si vous avez des panneaux solaires chez vous ou si vous vous en fichez.
3• Le volet roulant atrophie les biceps et les triceps.
La manipulation des volets classiques à l’huile de coude est bien sûr hautement conseillée par les hygiénistes, médecins du sport et autres connaisseurs du corps humain. C’est l’occasion de démontrer votre dextérité et de prendre un peu l’air à la fenêtre, car je vous rappelle ce paradoxe : l’air intérieur est souvent plus pollué que son copain extérieur. On peut d’ailleurs avancer l’hypothèse que l’utilisation de volets roulants diminue en hiver la fréquence d’aération des habitations. Le CNRS va sûrement s’emparer du sujet et nous aurons bientôt des résultats parlants, j’en suis sûre.
4• Le volet roulant est fourbe.
Avec l’obsolescence des pièces mécaniques installées dans le caisson de votre merveille roulante, c’est la panne qui vous pend au plafond, avec des coûts de réparation qui peuvent donner des envies de caveaux sans fenêtres. En cas de panne électrique, vous pouvez aussi avoir l’air stupide si le zèle vous a poussé à en mettre aussi sur la porte d’entrée qui est, je le rappelle, également une sortie. On m’a en effet rapporté que certains installateurs auraient à une époque un peu zappé le déblocage manuel… mais nous espérons que la sélection darwinienne dans le métier les a depuis fait disparaître.

Bien sûr, les adeptes du roulant ont des tas d’arguments sortis d’une brochure commerciale ou totalement dénués de la poésie qui fait le sel de la vie et de la façade. Mais, en fin de compte dans cette histoire anodine, on en revient à des questions existentielles qui nous accompagnent une vie durant. Quel est le prix caché du confort ? Notre « paresse » qui génère un business considérable est-elle toujours bonne conseillère ? Dans quelles conditions une innovation devient-elle vraiment un progrès ? Par quoi la laideur triste peut-elle être excusée ? Jusqu’où ira le VOUS TOMBEZ PILE pour nous faire prendre les volets pour des enjeux de société ? Etc., etc. Mais, vous avez sommeil avec mes bêtises, alors je vous laisse : j’ai les paupières bleues de ma maison à fermer tendrement.

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2 réflexions sur “Ce que nous cache le volet roulant…

  1. Phil2fer dit :

    Quel requisitoire envers les paupières lourdes ! J’etais sûr que tu étais une fille « ÉGOÏSTE ! »

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