All you neeed is the good gift…

Ce billet est coincé entre mon anniversaire et la Fête des Mères : il fallait faire quelque chose. La providence s’est invitée à ma table et j’ai découvert tout à fait par hasard la plateforme internet neeed. J’ai donc aujourd’hui l’honneur de vous entretenir de la terrible chasse aux cadeaux…

neeed

A l’heure de la dinde et du sapin, il m’est déjà arrivé de m’interroger de façon quasi-métaphysique sur les fameuses listes que les proches réclament dès fin novembre. Le manque d’imagination et l’angoisse sourde de tomber à côté nous poussent en effet à quémander la fameuse liste de vœux. Dès lors, il faut savoir que, paradoxalement, la liste en question peut devenir très laborieuse à rédiger pour l’intéressée : non seulement, on ne se rappelle plus tout à coup de ce qui nous faisait tant envie le mois dernier… mais en plus, il faut faire preuve d’imagination pour tous les budgets ! Cette coutume a un autre inconvénient à mes yeux : elle gomme complètement la magie de la surprise et transforme le plaisir de recevoir en fausse-joie de « commander ».

Le fondateur de la plateforme en ligne neeed a peut-être réfléchi à tout cela… ou pas ! En tous cas, Patrice Cassard peut sans doute remédier à mon dilemme, car son site/réseau social neeed (encore en version alpha) vise à résoudre joliment le problème de la liste d’idées- cadeaux. Après avoir créé le site lafraise (de bien beaux tee-shirts de graphistes talentueux) et archiduchesse (de la belle chaussette made in France, madame), on lui fait entièrement confiance.

Le principe :

-vous ouvrez votre page personnelle sur neeed et vous intégrez dans votre barre de favoris le petit bouton neeed,

-tout au long de l’année, au fil de vos balades sur internet, vous picorez des envies,

-à chaque nouvelle merveille, vous cliquez sur votre bouton neeed et hop, le bidule de vos rêves est aussitôt ajouté à votre page personnelle.
A tout moment, si on souhaite vous faire plaisir, un petit tour sur votre page neeed renseigne discrètement.

Au final, c’est autant un aide-mémoire pour soi qu’une liste toujours à jour pour les amis/parents en mal d’inspiration. En se baladant sur les listes d’envies des autres « neeedeurs », on se découvre aussi plein de nouvelles envies, cher Patrice, et ça, c’est diabolique au niveau du social 2.0…

Neeed n’est pas le seul prétendant pour récupérer la future manne du « wish-list social » mais il est moins fouillis que Pinterest et plus généraliste et francophone que Svpply ou Nuji . Tout ce dont on a besoin !

Et vous, pensez-vous que ce type de réseau « liste de vœux » peut rencontrer le succès ?

CADEAUTER, v.intr.

A Noël ou pour les anniversaires, vous radotez… sur le fait qu’il faut absolument trouver des cadeaux en toute hâte pour Pierre, Paul et surtout pour Jacques ! Jacques est vraiment trop difficile. Vous voudriez offrir avec le cœur, poésie et élégance dans un grand élan mystique qui vous fait tomber juste, tel un coup de foudre… mais vous voilà obligé de cadeauter tant bien que mal. Cadeauter, c’est faire un cadeau comme on peut, parce qu’il le faut bien. Si vous vous rabattez sur le dernier Prix Goncourt juste avant la fermeture de la Fnac, vous cadeautez. Si vous arrivez avec un vase en soldes, vous cadeautez… sauf si la personne collectionne les réceptacles à fleurs coupées depuis l’âge de 23 ans. Si vous avez gentiment cédé au chèque dans une enveloppe pour le neveu boutonneux de 14 ans, vous cadeautez pour la bonne cause. Rassurez-vous : c’est le lot de bien des humains pris dans la tourmente du « plaisir d’offrir, joie de recevoir. » Nous tenons là un pilier majeur de l’économie de marché… parce qu’il faut bien l’avouer : si on attendait d’avoir des idées totalement géniales pour offrir « THE » cadeau à la Tante Hortense, elle attendrait peut-être encore longtemps, la Tante Hortense. Vous l’aurez donc compris : c’est l’occasion forcée qui fait vivre le cadeautage. Ne crachons pas pour autant sur cette générosité toute civilisée qui peut passer pour vaguement hypocrite et carrément forcée. La sincérité brute de fonderie a des rudesses que la vie en société ne saurait assumer longtemps. Pour redonner ses lettres de noblesse à l’ « offrande» , je vous propose tout simplement d’offrir aussi autre chose que des cadeaux. Et si on essayait de faire des zeureux sans sortir forcément les zeuros ?

Jeu de maux, jeu de pas beaux.

Une affiche à la gare. Il est 7 h 50. Je ne suis pas du matin, mais il suffit parfois d’une étincelle pour faire démarrer le moteur du cervelet. Ce rouge passionnel qui percute ma rétine et le choc sémantique qui l’accompagne par exemple.

La friandise est posée en majesté au milieu du rouge pour imprimer un réflexe pavlovien du type « je prends le train donc j’achète bien sûr un truc chocolaté régressif et un trop chouette magazine people ! »

Voilà  néanmoins de quoi nourrir un cas d’école pour concepteur-rédacteur publicitaire sur le thème « faut-il absolument dégainer le jeu de mot quand on n’a absolument rien à dire ? ». La réponse est plutôt « Non ! », car le jeu de mot mal utilisé est un horrible symptôme. Quand on n’a rien de mieux à se mettre sous la dent et pas la moindre idée à refourguer au badaud, c’est une trop grande tentation… un peu comme une clope avec le café quand on a pourtant décidé d’arrêter de fumer. Ne réussissant guère à cacher la médiocrité de la promesse, le jeu de mot vain a tout d’une pomme empoisonnée pour débutant.

Dans l’exemple en photo ci-dessus, le jeu de mot choisi est particulièrement malheureux. Le double sens livré avec ne nous dit rien qui vaille. Pourquoi  la faim/la fin du voyage ? Si j’achète un truc chocolaté régressif, ce n’est certainement pas pour le manger en hâte juste avant de descendre à la gare d’arrivée… mais pour m’en délecter bien avant et faire ainsi baver d’envie mon voisin du siège 27 couloir pendant tout le reste du trajet. Oui mais encore ? La faim/fin du voyage ? Ah oui, bien sûr : les voyages sont toujours beaucoup trop longs et la vie également. Autant raccourcir les deux en appelant de ses vœux une maladie cardio-vasculaire prompte à en écourter le non-sens. Pour cela, rien de tel que les délices de l’huile de palme. Seule la finesse de ce jeu de mot pouvait nous en faire savourer la portée dramaturgique : « Grignotons de la barre chocolatée mes frères, car cette petite faim nous rapproche un peu plus chaque jour de la fin sublime du grand voyage… » .

Une seule morale à cette affligeante histoire : « Ne compte jamais sur un jeu de mot piteux pour remplir un grand creux. »

Auguste Derrière, prince du jeu de mot laid…

Auguste Derrière nous prouve que le jeu de mot peut devenir un art loufoque de très haut niveau, s’il sait assumer sa totale futilité . Il a écrit : «C’est en sciant la Joconde que Léonard devint scie… » ou « On ne dit pas javellisé mais j’ai lu. » Derrière cet auteur  fantôme, l’équipe de graphistes bordelais de la Maison Poaplume nous offre deux livres parus aux éditions « Le Castor Astral » :  « Les fourmis n’aiment pas le flamenco » et « Les moustiques n’aiment pas les applaudissements ». Ces opus nous régalent d’aphorismes improbables et de fausses réclames aussi absurdes que terriblement Almanach Vermot… tout cela en triturant le jeu de mot comme personne. A grignoter deci-delà quand le cafard se pointe…

Pour faire la rencontre d’Auguste Derrière, on clique là

La pensée, c’est magique. La superstition, c’est logique…

Vous avez un rite très personnel qui vous donne la foi totale avant d’aller quêter une augmentation ? Vous faites un geste chamanique secret avant de passer une jolie radio des poumons ?  Vous êtes attentif à certains signes et pas seulement aux chats noirs ? Rassurez-vous : tout cela est tout à fait logique compte tenu des découvertes récentes sur le fonctionnement de nos hémisphères cérébraux. L’être humain a développé très tôt des réflexes de « pensée magique » ou de croyance métaphysique. Pour l’homme préhistorique, il était en effet devenu vital de soupçonner une intention (c’est-à-dire un prédateur) derrière un mouvement de branchages, une empreinte ou un nuage à forme anthropomorphique…  au lieu d’ignorer cette « intention » prête à le dévorer !

Le dernier numéro de l’éminent magazine New Scientist nous vante les bienfaits anthropologiques de la superstition… antichambre de la pensée positive (dont nous avons plus que jamais besoin en ces temps qui attaquent notre optimisme à l’acide chlorhydrique).

De très sérieuses expériences psychologiques nous le prouvent par A+B ! Je vous livre l’extrait d’un article passionnant que je viens de lire à ce sujet sur l’excellent site InternetActu.net : «  La première expérience demandait aux sujets d’effectuer une épreuve dans laquelle certains disposaient d’une “balle de golf chanceuse”. Résultat, ceux qui ont utilisé la balle “porte-bonheur” (ou plutôt qu’ils croyaient telle) ont obtenu de meilleures performances que ceux qui se sont servis d’une balle présentée comme “neutre” – une petite note d’importance s’impose ici : un prétest avait établi que 80% des sujets croyaient aux pouvoirs des porte-bonheur. Cette expérience montre donc que les gens superstitieux sont plus enclins à réussir certaines tâches en fonction de leur croyance, mais pas que des personnes sceptiques puissent se retrouver inconsciemment sous l’influence d’une superstition… ». Et c’est là que c’est formidable : tout le monde se fiche de savoir si les pouvoirs de votre médaille porte-bonheur sont avérés scientifiquement, puisque votre cerveau préfère y croire. Bref, c’est ça la vraie magie : le mental. Je clos donc cet article par une dédicace spéciale à notre ami Hakim qui résuma un jour tout ceci d’un trait de génie : « Le mental, c’est fondamental. »

P.S. Je croise aussi les doigts pour que vous lisiez l’article complet de Rémi Sussan sur InternetActu.net 😉