On va dépasser le mur du con.

mur des cons 1On a eu le Mur de la Honte tombé en 1989. On a toujours le Mur des Lamentations. Il nous manquait le Mur des Cons. Quelque chose qui ressemble un peu aux Tables de la Loi dans un domaine plus flou : la connerie. Je présente d’ores et déjà mes excuses aux yeux prudes qui seraient choqués par cet amoncellement de gros mots, mais le sujet nous y oblige. Rappelons brièvement les faits, pour la postérité ou pour les personnes qui rentrent d’un long trekking en Papouasie… Dans leur petit local, les magistrats adhérents du Syndicat de la Magistrature ont un hobby « défoulatoire » du meilleur goût : sur leur Mur des Cons, ils affichent les photos de ceux qu’ils jugent dignes de porter cette appellation contrôlée. Des hommes politiques (surtout de droite apparemment puisque le syndicat est reconnu plutôt de gauche), des journalistes désagréables, des plaignants revendicatifs… surtout des gens qui ne sont pas de leur avis, si j’ai bien compris. Boulette de chez boulette : quelqu’un diffuse l’existence de ce petit délire entre amis. Stupéfaction. Oui, on est vraiment naïfs nous les gueux… Lire la suite

Mettez sur silencieux… ou sur haut-parleur.

mobile silenceSi vous avez pris le train récemment, vous avez encore entendu cette annonce qui vous intime d’utiliser votre portable depuis les plateformes. Sourire amusé de votre blogueuse, car si tout le monde s’invitait sur les fameuses plateformes de 2 m sur 1,50 m, on aurait entre chaque wagon une boîte de sardines en pleine conversation, rendant la circulation entre wagons ou l’accès aux toilettes impossibles. Le « portable » ne désignant pas uniquement un mobile et le « mobile » ne servant pas qu’à téléphoner…vous voilà, madame SNCF, prise, de surcroît, en flagrant délit d’anachronisme… Derrière cette annonce censée faire vibrer votre goût pour le savoir-vivre, il y a aussi quelque chose qui m’a longtemps intriguée… Oui, monsieur le chef de bord qui récite la petite phrase dans le haut-parleur avec entrain, en quoi une conversation au téléphone peut-elle plus me gêner que celle des quatre mamies surexcitées qui ont réservé le « carré » juste devant moi ? Hein, on fait moins la fière… Pour protéger la quiétude des voyageurs, avez-vous ouvert des wagons-cages spéciaux insonorisés pour les classes de CE2 en goguette avec leurs institutrices aussi dépassées que résignées ? Non… même pas. Pourquoi vous en prendre alors plus particulièrement aux appels téléphoniques ? Votre annonce est sûrement restée ancrée en 1999, à l’époque où les prothèses numériques n’avaient pas envahi à ce point le paysage… et où les jaloux s’offusquaient autant de l’utilisation de cet outil barbare que du fait… qu’ils n’en possédaient pas encore, eux. Mais n’en restons pas là : il y a une raison à l’agacement du voyageur qui entend son voisin parler au téléphone… avec une voix qui n’est pas plus forte que celle des deux tourtereaux de derrière. Une revue scientifique anglaise a publié récemment une hypothèse intéressante… Lire la suite

Touche pas à mon soda !

orangina restez vivantsOn a connu des luttes plus nobles, mais on a celles qu’on mérite. Le mois dernier, un juge new-yorkais a décidé que la ville ne pouvait pas interdire les sodas géants, comme elle s’apprêtait à le faire pour lutter contre l’obésité. L’interdiction votée par le département de la santé de la mairie de New York devait viser le service de tous les sodas et boissons sucrées de plus de 47 centilitres (en dehors des  supermarchés et supérettes). Au nom de quoi le juge a-t-il interdit l’interdiction ? Au nom de la soif de liberté bien sûr… dans un pays qui aime bien la mettre à toutes les sauces.  Polémique intense dans une ville où on attribuerait 6 000 morts par an à l’obésité… et début de café-philo dans ma petite tête. Qu’est-ce que c’est au juste la liberté ? A cette question, on répond sans plus y réfléchir : « faire ce que je veux, sans contrainte ». C’est là que nos ennuis commencent, pris comme des garnements dans le pot à confiture de la contradiction… Lire la suite

Fin de l’Occident, naissance du monde ?

renault zoéEn 2017, le dernier tweet de la première Dame était «Ils réclament du pain ? Donnez-leur donc des macarons Ladurée… ». C’était juste avant que les systèmes informatiques des bourses de Francfort, Londres, Paris et New York soient piratés… De la fiction historique bien sûr… mais en refermant le dernier livre enthousiasmant du journaliste économique Hervé Kempf, je me suis posée une double question : « Au XVIIIème siècle, avait-on conscience qu’un faisceau d’idées communes réunissaient les penseurs des Lumières ? La lame de fond qui allait emporter la vérité éternelle de la monarchie absolue avait-elle été détectée par quelque climatologue de la politique ? » A cause de la myopie politique, à cause de l’inattendu qui survient, la réponse est sans doute non… même si Diderot a écrit à Louis XVI en 1774 une phrase d’une lucidité prophétique : «Si vous n’êtes pas capable de trancher pour faire des réformes, ce même couteau vous coupera en deux. » Aujourd’hui il y a un faisceau d’idées qui tracent une voie « révolutionnaire » avec ses propres penseurs : Edgar Morin, Emmanuel Jaffelin, Hervé Kempf, Joseph Stiglitz, Jeremy Rifkin, Pierre Rabhi, Patrick Viveret… et j’en oublie de nombreux. Qu’ont-ils en commun ? Lire la suite