Aussi longtemps que dure l’amour…

Ici gît une rose de la St Valentin pieusement conservée

Ici gît une rose de la St Valentin momifiée.

Maintenant que la Saint-Valentin est passée, on va pouvoir parler d’amour, celui d’origine contrôlée sans additif romantico-sirupeux à effet illusoire. C’est un peu l’objet du livre Aussi longtemps que dure l’amour signé Alain de Botton. Alors que les contes de fée se terminent lâchement par « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants », l’auteur nous invite à une visite guidée très particulière : celle des années qui vont suivre LA rencontre. Ici pas de recette du bonheur à l’américaine, pas de psychologie prête-à-tout-résoudre, mais une réflexion d’une lucidité épatante au fil d’une trame fictionnelle en compagnie d’un couple « ordinaire ». Tout ce que vous vouliez savoir sur l’amour, sans jamais imaginer que c’était donc cela… Lire la suite

Comment la PDM va détrôner la bonne résolution…

bonne-resolutionComme vous le savez sûrement, la civilisation occidentale s’est mise en mode start-up (du nom des jeunes pousses entrepreneuriales qui rêvent toutes de devenir le prochain Google). Bref, il faut constamment innover en toute agilité, sinon on tombe de vélo. Pour accompagner tous les bons vœux qui doivent présider à ce premier billet de 2017, j’ai donc décidé de m’y plier : je lance la PDM. Même pas la peine de faire une levée de fonds. Le fond, je l’ai déjà. C’est la forme du packaging qui manque le plus. Donc la PDM… Car, oui, les bonnes résolutions étant d’un convenu qui confine au ringard, il était temps de réagir, enfants du XXIè S. triomphant. Tout va trop vite et on condense pour être toujours au top. Tout nous pousse à faire équipe avec nous-mêmes pour relever le défi constant du mieux-être. Tout est « esthétique du moi » face à la pression de la réputation, sur les réseaux sociaux ou dans les apéros de voisinage. Il est donc venu le temps de la PDMLire la suite

C’était Mieux Demain… et surtout en 2089 !

ecole-2089-communication-digitaleFin novembre, l’École de Communication Digitale 2089 m’a invitée à une journée « rencontre-débat-atelier » autour du livre dont je suis co-auteure avec l’illustrateur Clod (alias Alex Formika) : C’ÉTAIT MIEUX DEMAIN (Ed. Akileos). Une vraie « chronoportation » dans le futur, que je ne pouvais pas refuser : j’adore avoir des nouvelles du sur-lendemain. Après une brève introduction de ce livre caustico-loufoque, j’ai présenté aux étudiants de Master 1 l’innovation rétro-futuriste que j’avais tout spécialement imaginée pour eux : le traducteur universel UNI-GLOT’ dont vous pouvez lire le billet d’humeur à la fin de cette chronique.  Je les ai ensuite encouragés à faire différents exercices autour de leur propre innovation improbable, née dans leurs propres cervelles. Ça a fusé et j’imagine que nombre de start-up pourraient se mettre sur les rangs… Lire la suite

Mangez-en !

pub-barillaAu secours. Je suis à deux doigts de créer la Société Protectrice des Idées Créatives : la bien nommée SPIC qui se piquerait justement d’embellir coûte que coûte le quotidien avec malice, de nous chatouiller avec de l’humour ou d’indemniser nos 10 secondes d’attention forcée avec de l’intelligence. Qui t’es toi Barilla pour me déranger avec ton affiche et penser que me dire juste « Découvrez mes pâtes machin » allait suffire à faire émerger le début de l’envie du désir de la curiosité ?
Amis de la belle accroche publicitaire, de la poésie marketing qui entre en résonance avec l’inconscient collectif, du slogan-dicton à deux balles qui va rester dans les mémoires, l’heure est grave. Il faut entrer en Résistance. Il y a des dir’com au ras des pâquerettes qui nous font honte. Ils jouent la platitude du message pour espérer ne surtout pas émerger. Ils ont oublié que pour séduire, il faut commencer par étonner, sortir du brouhaha, illuminer la grisaille. Alors voilà, les chevaliers sans tête de la Guilde de l’Impératif ont encore frappé. C’est bien connu : l’impératif, c’est rudement dynamique et il suffit de parler aux consommateurs à l’impératif pour qu’ils s’exécutent comme dans une dictature qui leur aurait lavé le cerveau. À ce rythme-là, n’importe quelle intelligence artificielle va pouvoir rédiger au kilomètre des slogans qui commenceront tous par « Faites… », « Découvrez… », « Essayez… », « Goûtez… »…  À ce rythme-là, ce ne sont pas des SDF morts de froid qu’on va retrouver dans les abribus mais des consommateurs morts d’ennui à force de voir des affiches ânonnant les mêmes types d’injonctions.

Face à cette affiche, j’ai imaginé la réunion qui a scellé son destin et l’envolée finale en rase-motte : « Bon, c’est bien gentil votre idée-là, mais en fin de compte, j’aimerais qu’on revienne à l’essentiel de notre produit. Vous savez, les gens ont besoin de simplicité, surtout ceux qui mangent des pâtes. Le bio, c’est sans bla bla, sans pesticides et sans tourner autour du pot de sauce tomate. On n’a qu’à mettre « Découvrez les Pâtes Barilla Bio » et une belle assiette de pasta. C’est bien ce qu’on veut dire au fond, non ? »

En tant que conceptrice-rédactrice publicitaire, je fais un vil métier, mais j’y mets un minimum d’honneur : respecter l’attention du consommateur en lui offrant autre chose que la platitude absolue dans un monde où chacun cherche l’étincelle. Alors, sache-le Barilla (j’espère que tu apprécieras l’emploi de l’impératif…), je ne suis pas près de les « découvrir » tes pâtes.

Préparation cognitive pour 2017

2017-lectures-citoyenÇa y est. On convoite encore nos voix. De la litanie des promesses creuses, usées ou intenables à la farandole des petites phrases qui relèguent le débat d’idées aux calendes grecques, on n’a pas fini de passer à côté de ce qui importe vraiment pour notre avenir. Notre temps de cerveau disponible étant limité, il convient de trouver un savant dosage informationnel qui ne se limite pas à des heures de politique-spectacle… l’auscultation des programmes étant tout aussi indispensable. Plus que jamais, nous devrions aussi nous forcer à alterner la lecture de titres de presse aux opinions divergentes. Plus que jamais, nous devrions découvrir des avis d’économistes contrastés sur des sujets pleins de chiffres et pourtant beaucoup moins consensuels qu’il n’y paraît. Plus que jamais, nous devrions ouvrir le champ sans écouter le chant des sirènes du « there is no alternative ». Face au bourrage de crâne qui ne fait que commencer, je dégaine une petite liste de 4 livres aux indications thérapeutiques différentes… Lire la suite