Dans la salle d’attente avec Good Doctor

Good Doctor Autisme Intelligence artificielleVous n’êtes pas encore traités contre la boulimie de séries TV ? Vous pourriez alors avoir une ordonnance de ce type : « 2 épisodes par semaine de Good Doctor ». Depuis Urgences, le milieu hospitalier est un vrai bouillon de culture pour les séries à succès. La série Good Doctor, qui revient pour la saison 2 sur TF1 le 11 septembre, a une particularité très « Ressources Humaines » qui mérite d’être examinée… Allongez-vous, je sors le stéthoscope. Lire la suite « Dans la salle d’attente avec Good Doctor »

Carrément troublant, jamais innocent

36 carrés bleus sur fond de blog

En cette rentrée, je n’ai pas décidé de vous faire une petite rédaction sur mes jolies vacances. Non, car franchement quel intérêt ? Je vais plutôt vous parler d’un tic de langage qui m’a interpelée, comme on dit : le « carrément » à tout bout de champ. Je sais, c’est carrément ambitieux. Et Dupont aurait répondu : « Je dirais même plus : carrément. »

Un tic vaut mieux qu’un toc

Comme vous le savez… ou pas, les tics de langage et les expressions toutes faites qui se répandent comme des virus dans les conversations, peuvent donner lieu à des interprétations sociologiques et sémantiques plus ou moins pertinentes. Parmi ces nombreuses expressions qui saupoudrent les dialogues, on peut citer les « Je dis ça, j’dis rien », «en fait »,  « genre », « du coup », « y’a pas de souci », « tout à fait », « j’ai envie de dire », « effectivement »… On les remarque beaucoup plus facilement chez les autres que chez soi. Cela doit encore être une histoire de paille et de poutre.

L’un de ces tics a retenu mon attention cet été (mais pourquoi cet été ???) : c’est l’adverbe « carrément ». On ne le trouve pas dans la bouche de géomètres, de physiciens ou de fabricants de carrelage. Il est assez répandu dans une tranche d’âge allant de 12 à 26 ans (à la louche, n’est-ce pas), une période largement plus longue que celle des poux. « Carrément » sert à souligner son approbation, à ânonner qu’on « en est », qu’on est sur la même longueur d’ondes. Cet adverbe est donc porteur d’un sens qui remplit à merveille une des fonctions des tics de langage : favoriser la reconnaissance dans sa tribu, jouer l’inclusion et l’agrégation par le langage, pour mieux exclure inconsciemment ceux qui n’en font pas partie (de par leur âge, leur catégorie socio-professionnelle, leur socio-style…).

Carrément bien plus qu’une expression

Une fois le sens de cet adverbe clarifié (sans dictionnaire et sans mon aide, avouez que vous étiez bien embêtés… ahaha), il nous reste à nous interroger sur la starification de celui-ci en particulier, au détriment de synonymes comme « résolument », « complètement » ou « absolument ». Pourquoi la jeune cohorte de nos semblables a privilégié « carrément » sans même se concerter ? Lire la suite « Carrément troublant, jamais innocent »

Vos livres ont des ailes

boîte à livres bookcrossing RouenAu seuil d’un chassé-croisé estival, ça circule et ça échange. Pourquoi pas pour vos livres ? Ils se répartissent en de multiples catégories : ceux que vous relisez, ceux qui vous sont tombés des mains, ceux que vous avez prêtés mais qui ne sont jamais revenus, ceux qui ne quittent pas votre table de chevet, ceux que vous avez promis de lire… Il est temps aussi de désigner les livres-vagabonds à qui vous allez offrir une nouvelle vie en les déposant dans une… boîte à livres.

Que la boîte à livres nous délivre

Depuis quelques mois, j’ai pris une drôle d’habitude. Régulièrement, je passe sur le parvis du musée des Beaux-Arts, non pas pour y abandonner dans la nuit noire un animal de compagnie ou une encombrante machine à laver (vous n’y pensez pas !!!). Non. J’ai rempli un sac de quelques livres que je suis sûre de ne pas relire et je les confie à une des boîtes à livres installées par la municipalité. J’ai d’ailleurs découvert il y a peu qu’on les appelait aussi des micro-bibliothèques, mais je trouve que ça leur va beaucoup moins bien. J’ouvre donc la petite porte de ma boîte à livres et je regarde ce que les autres donateurs ont déposé pour faire éventuellement un échange de bons procédés. Les Annales du Bac de Français 2007 ou un sacré Emmanuel Carrère ? Un vieux polar tout jauni ou un livre de cuisine qui n’a pas servi ? Parfois, je dépose mes deux-trois livres sans rien reprendre : la pêche à la langouste est maigre. Parfois, la grande roulette du livre est avec moi et je trouve même de la philo : la pêche à la lecture a été bonne !

Rien n’est programmé

La boîte à livres, c’est de l’anti-Amazon pur et dur. Pas de recommandations qui veulent vous conforter dans des goûts supposés, pas d’optimisation fiscale qui nous la fait à l’envers. Rien n’est écrit. Tout est à lire. C’est la surprise totale et l’échange pur et simple. Ma boîte à livres, c’est un moment de hasard incongru et décalé, sous la surveillance majestueuse de deux arbres remarquables du square contigu. J’ai souvent une pensée pour les futurs lecteurs ou lectrices des livres que j’ai libérés. Ce rejeton de Bernard Werber… dans quelles mains attentionnées tombera-t-il ? Ce manuel de lecture rapide, de quel futur dévoreur de bouquins va-t-il faire le bonheur ?

J’aime ce geste de faire passer des livres à des inconnu.e.s. Pourquoi les laisser prendre la poussière alors qu’ils peuvent encore se dégourdir les pages ? Le grand cycle du plaisir de lire est décidément vertueux. Si vous disposez dans votre quartier d’une de ces boîtes poétiques, ouvrez la cage aux oiseaux du bonheur que sont nos chers livres.

TSUN-DICO déferle sur le bout de la langue

Tsun-Dico Sabine Duhamel Editions AutrementDe la même façon que le monde est plein de plats que nous n’avons jamais goûtés, les langues étrangères sont riches de mots sans équivalent dans celle de Molière. Heureusement, il y a maintenant le TSUN-DICO, sous-titré en toute clarté  : « 200 mots que le français devrait emprunter aux autres langues». Pour voyager avec le sourire, sans passer aucun portique d’aéroport.

Des mots nouveaux à picorer

J’ai ma petite collection de livres spécialisés dans les néologismes et autres mots valises. J’en raffole et j’en commets parfois. Voici un livre cousin : il n’invente rien, mais son autrice a glané aux quatre coins du monde des mots qui comblent des vides pour nos oreilles francophones. Je vais le glisser sur le plateau inférieur de la table basse pour y picorer régulièrement. Entre deux noix de cajou et une tartine de tapenade, on grignotera avec plaisir le mot tsundoku qui, pour les lecteurs japonais, désigne « l’accumulation en piles de livres qui ne sont jamais lus » ou le pana po’o hawaïen qui résume enfin cette « façon de se gratter la tête pour mieux se rappeler quelque chose ». À moins que vous lanciez à l’apéritif, mais sans viser personne, le terme indonésien jayus, une « blague tellement pathétique qu’il vaut mieux en rire »… Lire la suite « TSUN-DICO déferle sur le bout de la langue »